CHÔMAGE
Perdre son emploi, c’est un coup dur pour plusieurs. Dans certains cas, c’est une bénédiction. Peu importe les raisons de cette perte d’emploi, on se retrouve tous et toutes devant la dure réalité d’un marché du travail totalement déshumanisé. Restructuration, relocalisation et rentabilisation sont les outils utilisés par les entreprises privées et publiques pour répondre à la concurrence, au dumping et à leur recherche constante de plus grands profits.
Sécurité d’emploi, dites-vous ?
La sécurité d’emploi est aujourd’hui une notion quasi désuète. En effet, qui peut affirmer être à l’abri d’une éventuelle perte d’emploi ? Très peu d’entre nous peuvent le faire. De plus en plus minoritaires, ces gens sont pointés du doigt par les dirigeants d’entreprises et les gouvernements qui les accusent d’être responsables de la précarité d’emploi de la grande majorité des salarié-es. Les campagnes antisyndicales portent fruit puisqu’on entend fréquemment les gens blâmer les syndiqué-es d’avoir trop exigé et trop obtenu dans le passé. Cette vision biaisée des acquis sociaux, fruit de dures luttes de la classe ouvrière, sert très bien les objectifs de privatisation de nos élus tant au niveau fédéral que provincial.
La préservation de nos acquis et l’amélioration de nos conditions économiques et sociales devraient être un objectif central de l’ensemble de la population active. Au contraire, chacun semble privilégier des objectifs individualistes lui permettant d’améliorer son propre sort, au détriment des acquis des autres.
Le phénomène du « couperet »
L’illustration dépeinte par Costa-Gavras dans son dernier film « Le Couperet » pousse à l’extrême ce phénomène individualiste dans un marché de remploi où l’humain n’est plus qu’un légume défraîchi, un outil rouillé ou un puits de pétrole épuisé. Ce film intelligent nous force à questionner le marché du travail actuel et le système économique dans lequel nous vivons. Dans « Le Couperet », un cadre supérieur au chômage depuis quelques années décide de tuer ses concurrents (autres chercheurs d’emploi) avant de se débarrasser de la personne occupant le poste qu’il convoite pour lui-même. Il réussira à atteindre son but, mais il n’est malheureusement pas le seul à penser comme ça.
Les sans-emploi doivent faire face à un marché très compétitif où ils et elles doivent se démarquer des autres afin de décrocher un nouvel emploi. Lorsque c’est fait, ces personnes doivent encore se démarquer de leurs consœurs et confrères afin de ne pas être les prochaines victimes du couperet des mises à pied. Malheureusement, dans un système élitiste comme le nôtre, le travail n’est plus un droit, mais le privilège de celles et ceux qui, pour un temps, sont utiles au patronat dans sa quête de profits.
Amélioration collective de nos conditions de vie
Les droits au travail, à la sécurité d’emploi et au respect des individus doivent être au centre de notre projet de société alors nous devons nous opposer au discours anti-syndical qui ne cherche qu’à promouvoir le nivellement par le bas de nos conditions économiques et sociales. La syndicalisation et la solidarité sociale sont nécessaires à l’amélioration collective de nos conditions de vie.



