Assurance-emploi
C’est avec beaucoup de fierté que les femmes du Comité des mères brimées de leurs congés de maternité et parental ont récemment célébré leur victoire. En effet, à la suite d’une lutte de deux ans, elles ont finalement obtenu de la ministre Jane Stuart du Développement des Ressources Humaines du Canada (DRHC) la mise en place d’une mesure sous la forme d’un projet-pilote, d’une durée de trois ans, donnant le plein accès aux prestations de maternité et parentales aux femmes bénéficiant d’un retrait préventif.
Pour ces mères, cela en était trop de continuellement subir une telle injustice, à savoir, que leurs semaines d’assurance-chômage se perdaient parce qu’elles recevaient des prestations de retrait préventif payées par la Commission sur la santé et sécurité au travail (CSST). Après avoir frappé en vain à plusieurs portes, elles ont reçu l’appui du Mouvement des chômeurs et chômeuses de l’Estrie (MCCE) afin de les aider à faire respecter leurs droits. Organisées en comité, c’est sans relâche qu’elles ont mené leur bataille contre un appareil étatique négligent. En effet, bien que conscient de cette faille qui privait beaucoup de jeunes mères de leurs congés de maternité en les obligeant à retourner plus tôt que prévu au travail, le gouvernement fédéral avait toujours omis d’y apporter un correctif.
Des pressions sans relâche
Pressions auprès de la ministre, conférences de presse, manifestations, appuis de nombreux organismes, particulièrement au national, le Mouvement autonome et solidaire des sans- Emploi (MASSE) ainsi que les syndicats FTQ et CSQ, elles ont été tenaces. Ce qu’elles ont obtenu prouve que la lutte en valait la peine. Désormais, ce projet-pilote va permettre à plusieurs mères privées de leurs pleines prestations de maternité et parentales de choisir entre recevoir des prestations d’assurance-emploi partielles pendant qu’elles reçoivent des indemnités de retrait préventif (CSST) ou avoir droit à une plus longue période de congé de maternité et parental. Cette mesure est entrée en vigueur dès son annonce le 26 septembre dernier.
Quel bonheur pour ces mères de savoir qu’elles vont pouvoir accompagner leur enfant dans ses tous premiers mois de vie sans avoir peur de devoir retourner prématurément au travail !
Cette victoire démontre une fois de plus qu’il ne faut pas craindre de livrer bataille lorsque nous jugeons que nos droits sont brimés. Toutes les avancées dans l’histoire des luttes sociales pour l’adoption de lois régissant nos conditions de travail et de vie démontrent qu’elles ont été arrachées au gouvernement et au patronat qu’après de longs efforts en 1909, première loi sur les accidents de travail au Canada; en 1918, droit de vote pour les femmes au fédéral; en 1919, première loi sur le salaire minimum; en 1936, loi sur les pensions de vieillesse; en 1940, droit de vote pour les femmes au provincial; en 1940, loi sur l’assurance-chômage; en 1945, loi sur les allocations familiales; en 1946, loi accordant le droit à une semaine de vacances annuelles payée; en 1970, loi sur l’assurance-maladie et en 1979, loi sur la santé et sécurité au travail. Parfois, on obtient peu (comme une augmentation du salaire minimum de 10¢/heure); d’autrefois, on gagne davantage, telle cette victoire des mères brimées.




