Chômage
La réforme du régime de l’assurance-chômage promise par Paul Martin lors de la campagne électorale en 2004 est en branle. Les trois premières mesures ont été annoncées dans l’ombre du budget fédéral 2005. Toutefois, le gouvernement ne va pas du tout dans la direction réclamée par les « Sans-Chemise ».
Notre lutte cherche à redonner au régime d’assurance-chômage son caractère universel. Nous demandons le retrait des iniquités déjà existantes par l’adoption, entre autres, d’un critère unique d’admissibilité de l’ordre de 350 heures. Au contraire, l’une des mesures annoncées crée un nouveau critère de 840 heures (plutôt que 910) appliqué à une fraction de la population active des régions où le taux de chômage dépasse les 10 %.
Un régime à la carte… des régions
Ces mêmes régions bénéficieront d’une toute nouvelle méthode de calcul du taux de prestations plus avantageuse qu’ailleurs au pays. En effet, ces régions seront enfin débarrassées de la période de base (26 dernières semaines consécutives) et du très désavantageux dénominateur minimal qui pénalisent depuis 1997 l’ensemble des victimes du travail précaire. Le taux de prestations dans ces régions sera dorénavant basé sur la moyenne des 14 meilleures semaines de travail de la dernière année.
Le gouvernement majore aussi le montant des gains admissibles des prestataires de ces mêmes régions. La loi permet actuellement à une personne bénéficiant des prestations régulières et parentales de toucher des gains de travail sans diminuer ses prestations. Ces gains admissibles sont évalués à 25 % du taux hebdomadaire de prestations et un plancher minimal est établi à 50 $ par semaine. Ces nouveaux gains admissibles seront de 40 % du taux de prestations avec un plancher fixé à 75 $ par semaine.
Ces mesures amélioreront évidemment la situation économique des prestataires de ces régions, mais elles créeront de nouvelles disparités entre les régions. Cette façon de concevoir la protection contre le chômage est très vicieuses car elle crée des avantages à conserver un taux de chômage élevé dans une région donnée. Qu’arrivera-t-il lorsqu’une reprise économique fera chuter le taux de chômage à moins de 10 % ? Le gouvernement devra-t-il adopter des mesures transitoires afin de diminuer les contre-effets d’un retour à des critères ou calculs moins avantageux ? ? ?
Exigeons une couverture équitable
Nous dénonçons fortement ce genre de mesures qui dénaturent totalement le régime d’assurance-chômage. Cette protection sociale, gagnée dans la rue et par la lutte dans les années 1930, n’est pas une loi de dernier recours comme l’aide sociale. C’est un régime collectif financé par les employeurs et les salarié-e-s afin de palier à la perte de revenus en cas de chômage. Si le régime ne répond plus aux besoins des victimes du chômage, il doit être réformé et bonifié afin de couvrir équitablement l’ensemble des personnes assurées. C’est pourquoi nous exigeons :
- Un critère unique de l’ordre de 350 heures ;
- Un taux majoré à au moins 60 % du salaire ;
- Un minimum de 35 semaines de prestations.



