Mars … ou le printemps en devenir

1 mars 2002

Du plus loin que je me souvienne, mars, malgré tempêtes et grands vents, s’amusait à cligner de l’œil et le soleil, moins frileux, faisait fondre la neige. On disait alors : « ça sent le printemps ». C’est ainsi qu’enfant je guettais les premiers chatons de saule, en quête d’odeurs printanières. Déjà, sans le savoir, nous formions-nous au combat et à la patience du cycle des saisons.

Mars vient du latin marticalis qui signifie Mars, dieu de la guerre, lequel possède des dispositions au combat. Sans faire de lien direct avec ce guerrier, aimons-nous nous rappeler que c’est un 8 mars, à New York, en 1857 et 1908, qu’eurent lieu des grè­ves ouvrières pour protester contre de pénibles conditions de travail que subissaient les femmes.

Une suite de luttes…

Au Québec, les luttes fémini­nes se sont poursuivies pour le droit au suffrage universel et pour de meilleures condi­tions de travail, en particulier dans les usines de textiles. Avec la crise des années 30, les luttes endossent le man­teau de la Solidarité féminine pour protéger les femmes contre les hausses de loyer, le chômage et le coût de la vie. D’autres luttes ont suivi, entre autres, celles pour la paix, la reconnaissance des femmes autochtones et le droit de manifester pour fina­lement cumuler en 1974 vers la Journée du 8 mars. Désor­mais, c’est ensemble que les groupes de femmes, les cen­trales syndicales et les grou­pes sociaux travailleront.

Puis sont venues les deux Marches, celle du Pain et des roses en 1995, puis la mon­diale, en l’an 2 ». À l’aube d’un printemps nouveau, les femmes du monde entier dénoncent avec fermeté les violences faites aux femmes ainsi que la pauvreté qui les touche en trop grand nombre.

Toujours rêver… et lutter

Les saisons se sont succé­dées. Le temps est loin où j’allais rêver sur la « butte » surplombant la ville. Je me voyais comme un chevalier poursuivant les « méchants ». Si aujourd’hui la route de la paix me semble encore bien longue, je souris car je me dis que nous sommes passés de l’époque des chevaliers à l’époque des « chevalières(1) ». Face à tous ces puissants de la terre, économistes et mili­taires confondus, nos armes sont indestructibles parce que forgées au combat et à la patience du cycle des sai­sons. Et c’est ainsi que, tous ensemble, nous luttons en toute complicité.

 

Source : Conseil du statut de la femme, Pas à pas, mars 2000

  1. Ne pas confondre avec cheva­lière : bague ornée d’initiales ou d’armoiries.

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