Nos besoins en information

15 janvier 1986

En 1972, 25 % des Estriens-nes exprimaient, dans le cadre d’une recherche réalisée par la commission d’enquête sur la li­berté de presse, leur insatisfaction face aux médias écrits. Un journal communautaire peut-il satisfaire plus adéquatement la population sherbrookoise ?

Selon une autre recherche réalisée en 1984 par le mi­nistère des Communications, la population québécoise considère que la télévision (52 %) constitue le meilleur moyen pour suivre l’actualité, alors que les journaux n’attirent que 28 % des faveurs populaires. Malgré cela, 57 % des gens lisent régulière­ment au moins un quotidien et 71 % un hebdomadaire.

Comment peut-on expliquer cette contradiction. Une lecture attentive du tableau I nous per­met de mieux cerner ce qui est susceptible de créer cette insatis­faction face aux journaux.

La Tribune… son contenu

Le quotidien La Tribune ne diffère pas des autres écrits commerciaux du Québec et d’ail­leurs. Les soucis de rentabilité et de profits, la volonté de s’attirer des lecteurs et lectrices par le sen­sationnel, le sport, les faits divers et la dépendance face aux agences de presse laissent finale­ment peu de place à une informa­tion diversifiée et à l’analyse de l’actualité (voir tableau 2).

Alors que les lecteurs et lec­trices sont plus particulièrement intéressés-es par les nouvelles et commentaires sur l’actualité, les renseignements et conseils prati­ques, les informations concer­nant la télévision, tes arts et spec­tacles…, on les gave de publi­cité, sports et faits divers. Cette situation n’est pas différente à Sherbrooke.

Quant à l’hebdomadaire La Nouvelle de Sherbrooke, son contenu est composé presqu’exclusivement de publicité (70 %), de faits divers et de sport. Cela ne permet pas aux sherbrookois et sherbrookoises d’y trouver satis­faction à leurs besoins d’informa­tion, d’analyse et de commen­taires sur l’actualité.

Entrée Libre

L’entrée en scène d’un nou­veau journal communautaire à Sherbrooke ne viendra sûrement pas, dans l’immédiat, bouleverser toutes nos habitudes de consom­mation dans le domaine de l’in­formation écrite, mais elle favo­risera sûrement la circulation d’un point de vue différent des journaux locaux existants.

Entrée Libre favorise

… le point de vue des gens luttant pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de tra­vail.

… l’expression des gens n’ayant pas ou peu accès aux médias tra­ditionnels.

… la prise en charge collective.

ENTRÉE LIBRE… Un défi de taille… Saurons-nous le relever ?

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