Fin de la guerre au Liban
Nous y sommes. La paix est signée. Nous pouvons désormais sortir de nos abris, et tiens, pourquoi pas, nous procurer un billet d’avion, direction Beyrouth ! Dépêchez-vous, ils sont en solde… et l’aéroport n’est pas trop bondé. Soyons sans crainte, les hostilités sont du passé, et laissent place à l’harmonie… Tout le monde s’aime et se respecte ! Croyez-nous Alléluia ! Inch Allah !
Hélas, nous sommes loin d’en être à de tels propos. Au-dessus de nos têtes, déjà, se dessinent de nouveaux conflits, notamment, un impliquant l’Iran, et des dizaines, les États-Unis. Le Canada n’y échappe pas avec sa nouvelle approche internationale. À des milliers de kilomètres d’ici, des soldats et des innocents continuent de mourir. Au Liban, en Israël, en Palestine, au Moyen-Orient, partout, des villes et des familles sont détruites et le demeureront pour des décennies. Dans nos cœurs meurtris, les horreurs de la guerre continueront de nous hanter.
La guerre ne laisse personne indifférent. Soulevant les passions, voire l’indignation, elle constitue cette spirale du mal dans laquelle l’Homme tournoie et s’enfonce. Difficile d’en freiner son élan. Aujourd’hui comme demain, ne demandez pas à un Israélien d’oublier ou à un Libanais de pardonner. La colère et la douleur incitent à la frustration et à la vengeance. N’est-ce pas cette colère qui, à Montréal, a poussé des manifestants à louanger la résistance du Hezbollah ? N’est-ce pas cette douleur, mêlée de haine, qui appelle une personne à jouer les kamikazes ? (belles paroles, quels désastres pourront arrêter cet élan destructeur ? Pourtant, dans une logique aux apparences utopiques, tout est si simple vivre et laisser vivre, donner et recevoir, aimer et pardonner…
La logique de la guerre
Malheureusement, la guerre rapporte à divers niveaux. Elle profite à certains gouvernements et entreprises. Elle sert à propager ou à miner des idéologies et des valeurs, à justifier des comportements et des habitudes… Tant que la guerre aura une raison d’être, certains veilleront à la susciter, la provoquer, la manipuler, l’utiliser et à en bénéficier. En fait, la guerre aura raison d’être tant que vivront des hommes et des femmes pour qui l’obtention d’un gain au détriment d’autrui est louable ; pour qui le concept d’égalité n’est qu’une ruse pour duper un semblable ; pour qui l’ouverture sur le monde est un signe de faiblesse et pour qui le partage est un signe de pauvreté. La guerre, ce n’est pas que du sang dans des pays étrangers et lointains. La guerre, ce ri est pas le résultat d’une équation « musulmans + terroristes » ou « soldats + armes ». La guerre ne concerne pas que des gouvernements, des armées et des innocents. La guerre, c’est toute cette supercherie entre individus, entre organisations, peu importe la portée ; ce sont tous ces rapports « dominants-dominés » qui dégradent la dignité humaine ou alors, la méfiance, les préjugés, les sentiments haineux, la fermeture, l’ignorance consciente qui tend à exclure, à marginaliser, à faire mal.
Protégez-vous !
Dans notre entourage ou dans notre quotidien, nous en sommes souvent témoins plusieurs fois par semaine,. Nous sommes bombardés d’images et de culture violentes : films, musique, jeux, bulletins télévisés, discours guerriers de nos représentants canadiens ou étasuniens… Dans ce contexte, est-il anormal que certains de nos jeunes adoptent des comportements violents et que nous-mêmes soyons parfois emportés par nos passions ?
À cet effet, nous devrions toujours, en tant que citoyenne et citoyen, demeurer vigilants et exigeants envers les véhicules informatifs, les moteurs de communication et même nos méthodes d’éducation. Il nous faut faire preuve de discernement afin que la propagande fautive, subjective et agressive ne prenne pas le dessus sur notre rationalité et sur la réalité. L’équipe du journal communautaire Entrée Libre tient à propager ce vent de paix, de respect, d’ouverture et d’objectivité et à demeurerais devant d’une information juste et claire. Nous ne sommes ni pro Hezbollah, ni pro Israélien, ni pro Zoulou… sinon que propaix ! Cette valeur, nous devons la porter et la propager à tous et à toutes, particulièrement à nos jeunes. Que l’on se réunisse sur cette ressemblance pacifiste plutôt que sous des prétextes visant à tous nous différencier, nous catégoriser, nous comparer, nous évaluer. Qu’on se le dise à chacun et à chacune : bonne paix !




