Notre symbole national

1 juin 2002

Le fleurdelisé

Avec la Fête nationale du Québec qui s’en vient, on verra bientôt les drapeaux s’afficher sur les balcons, et dans les rassemblements populaires qui suivront. Voici donc une bonne occasion de faire un retour en arrière afin de voir les circonstances historiques qui ont amené la création de ce symbole national.

L’origine du fameux lys qu’on retrouve sur le drapeau remonte à 1534, lorsque Jacques Cartier le ramènera de France. C’est en fait le symbole du roi François 1er. Par la suite, lors de la fon­dation de la ville de Québec en 1608, les navires des com pagines de commerce qui assurent la colonisation vont arborer un pavillon bleu à croix blanche. Dès 1665, le drapeau français flottera par­tout en Nouvelle-France.

Une nouvelle identité liée au climat, au territoire et au mélange des cultures françai­ses et amérindiennes va se forger au tournant des années 1700; l’attachement à la France commence à être transformée en un début de sentiment national. Les événements déterminants de la Conquête de 1759 signifie­ront l’abandon définitif des liens avec la Nouvelle-France. L’Angleterre victorieuse im­plantera ses lois et créera la Province of Ouebec, redéfi­nissant les limites du territoire. Les Canadiens seront ainsi écartés des postes importants dans l’administra­tion et dans le commerce. La guerre d’indépendance amé­ricaine viendra menacer le territoire et l’identité de la Province. […]

L’influence des Patriotes

C’est aux Patriotes qu’on doit l’ancêtre du drapeau actuel, qui était alors com­posé de trois bandes horizon­tales, verte, blanche et rouge. Ce groupe revendiquera plus de liberté et de démocratie pour le peuple, en adoptant les 92 résolutions. Refusées par le pouvoir en place, des assemblées populaires de protestations auront lieu. […] Lord Durham proposera l’union des deux Canada afin d’éviter l’éclatement de l’em­pire britannique à cause des fureurs nationalistes.

La création du Canada-Uni, en 1841, ne freinera pas pour autant le besoin d’affir­mation de l’identité natio­nale. Lors du défilé du 24 juin 1848, on verra apparaître dans les rues un drapeau ayant servi lors de la bataille de Carillon, où les armées anglaises avaient été vain­cues. […}

En 1855, pour la première fois depuis la Conquête, on verra un navire français remonter le Saint-Laurent, ce qui aura pour effet de mul­tiplier la visibilité du drapeau français. Pendant la Première Guerre mondiale, les batail­lons utiliseront plusieurs sym­boles dont le castor, la feuille d’érable et la fleur de lys.

… et le Red Ensign

Avec la Seconde Guerre mondiale, prendra forme le drapeau québécois tel qu’on le connaît aujourd’hui. Dans un contexte de modernisation de la société (droit de vote des femmes en 1940, loi de l’instruction publique en 1943, Refus global en 1948), la quête identitaire se. pour­suit pendant que le Canada adopte de son côté le Red Ensign de la marine britan­nique. Finalement le député René Chaloult proposera l’adoption d’un drapeau « véritablement québécois ».

Devant la demande popu­laire réclamant le fleurdelisé, Duplessis annoncera le 21 janvier 1948 que le drapeau québécois nouvellement créé flottera sur la tour centrale du Parlement. Les fleurs de lys de l’ancien drapeau, incli­nées et pointant vers le centre seront redressées verticale­ment « pour qu’elles se diri­gent droit vers le ciel afin de bien indiquer la valeur de nos traditions et la force de nos convictions ». Dès lors, le fleurdelisé deviendra un sym­bole reliant tous les Québé­cois et Québécoises, flottant aux mâts des édifices publics à partir de 1968, et affichés fièrement lors d’événements socio-politiques et culturels.

 

Source « Une histoire, un territoire… une identité Les 50 ans du drapeau du Québec » MCCQ, Publication du Québec, juin I998

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon