Paix et sécurité avant le pétrole

1 janvier 2003

Opposition à la guerre contre l’Irak

Depuis quelques mois, les médias d’information nous inondent d’articles portant sur une éventuelle attaque militaire des États-Unis contre l’Irak avec ou sans l’appui du Conseil de sécurité des Nations Unies. Chacun se rappelle que dès le lendemain des événements tragiques du 11 septembre 2001, le président George W Bush s’était adressé à toutes les nations sous la forme de menaces à peine voilées : « Que ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ». Très vite, il avait brandi le spectre d’un Axe du Mal dont feraient partis des États « voyous » tels l’Irak, le Soudan et la Corée du Nord. Au nom du respect des droits humains, de la liberté d’expression et de la démocratie, la lutte contre le terrorisme était lancée… mais aussi celle pour l’appropriation du pétrole irakien par l’administration Bush.

Des inspections… et des menaces

En décembre 2002, le Conseil de sécurité a mis en place la Commission de contrôle de vérification et d’inspection de l’ONU (Cocovinu) pour s’assurer du désarmement de l’Irak et de la destruction de ses armes de destruction massive. Jusqu’à ce jour, les inspecteurs n’ont trouvé que des têtes de missiles vides… Durant ce temps, la plus forte armée du monde continue de déployer ses effectifs militaires dans le Golfe Persique et ses pays limitrophes.

Selon certains analystes, cette guerre coûtera minimalement aux Américains la somme de 200 milliards, de quoi soulager la faim dans le monde. Encore fragilisée par les attentats de New York et Washington et malgré les mensonges quotidiens de ses dirigeants politiques, la population américaine se mobilise de plus en plus et des milliers de manifestants pacifiques s’y sont opposés le 18 janvier dernier. (Seulement 45 % d’Américains sont pour une attaque américaine.)

Avec le temps, l’administration Bush n’arrive plus à dis­simuler, à sa propre population, la motivation pétrolière der­rière cette guerre. Les rencontres se multiplient avec les diri­geants des principales sociétés pétrolières dont Halliburton Co, une entreprise texane dont l’actuel vice-président Dick Cheney a été chef de la direction. La forte dépendance des États-Unis à l’égard du pétrole étranger, présente et à venir, est bien connue : de 55 % qu’elles étaient en 2001, on prévoit que les importations de pétrole représenteront 70 % de la con­sommation américaine en 2025 et la région du Golfe Persique renferme 65 % des réserves mondiales de pétrole…

Une invention : le droit à l’autodéfense préventive

Entendons-nous bien. Nous ne sommes aucunement en faveur du régime dictatorial de Saddam Hussein. Cependant, cette guerre ne serait que la suite des guerres économique et alimentaire menées contre l’Irak depuis la guerre du Golfe en 1991 tuant depuis des milliers de femmes et d’enfants. Bush parle d’autodéfense préventive, c’est-à-dire de l’utilisation du droit à l’agression n’importe où, n’importe quand et avec tous les moyens jugés nécessaires. Cela va à l’encontre du droit international qui interdit un tel recours.

Le Collectif du journal s’oppose à cette guerre contre l’Irak pour des raisons de paix et de justice, car l’agression qui se prépare va à l’encontre de traités internationaux et de la Charte des Nations Unies et n’a qu’une visée, l’expansion des ambitions impérialistes américaines pour combler leur besoin en pétrole. Au développement de la violence et de la milita­risation, il faut opposer la force du nombre. Soyons nombreux à nous opposer à la barbarie guerrière et à manifester notre sentiment favorable à la paix ! Qu’au cœur de l’hiver, nos chants d’espoir fleurissent au printemps éclaté pour une plus grande fraternité universelle respectueuse de nos différences et aussi, pour moins de souffrances pour le peuple irakien.

 

 

 

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