« Peuple de l’Argentine – à genoux, attends la potence ! »

1 février 2002

Capitale : Buenos Aires
Superficie 2 776 889 km carrés
Population : 36 123 000
Langue : espagnol

Une fois de plus, l’Amérique du Sud subit une instabilité sociale et politique sans pré­cédent. En fait, il s’agit de l’Argentine, pays qui possède toutes les ressources (matières premières, éducation supérieure, main-d’œuvre qualifiée) pour se donner un État dé­mocratique soucieux de la collectivité. Malgré cela, nous devons nous rendre à l’évi­dence que l’Argentine, comme la majorité des pays d’Amérique du Sud, est victime de la doctrine américaine Monroe (ancien président) : « l’Amérique aux Américains ».

Cette doctrine détermine de­puis plus d’un siècle la politi­que américaine vis-à-vis ces pays de l’hémisphère sud qui ne sont rien de moins que leur jardin où ils peuvent y retirer, à des coûts avantageux. toutes les ressources naturelles vou­lues. La recette est simple : tout d’abord, installer au pouvoir un gouvernement qui défendra les intérêts financiers des mul­tinationales américaines et, par la suite, pour y arriver, utiliser tous les moyens envisageables (assassinats politiques, trucage d’élections, coup d’État, etc.).

Un peu d’histoire…

Un retour dans l’histoire va nous aider à mieux saisir la si­tuation actuelle. En 1989, le peuple argentin « élira » (ap­puyé par Washington) le gou­vernement péroniste ultra libé­ral de Carlos Menem qui va créer, en collaboration étroite avec le FMI1, un nouveau mo­dèle économique basé sur la libre-entreprise. Avec l’aide des capitalistes occidentaux, l’Argentine privatisera toutes ses entreprises publiques, élimi­nera les législations dut travail et toutes les entraves aux com­merces importateurs étrangers. Également, le FMI obligera l’Argentine à rembourser ses dettes astronomiques. Le problème, c’est que le gouverne­ment ne dispose pas suffisam­ment de capitaux. Il devra em­prunter pour payer les intérêts Afin de relancer l’économie nationale, il installera un sys­tème de parité dollar-peso qui permet de faire croire aux Argentins que les pesos équi­valent au dollar américain ( 1 dollar, 1 peso). En fait, la pari­té a eu pour conséquence de faire bondir les prix des produits locaux (le capital en peso nécessite beaucoup plus de fonds à cause de la force du dollar), d’écraser le marché ex­portateur et de favoriser l’arri­vée des multinationales dans le marché des importations.

Les Argentins floués…

Par exemple, Carlos, un Ar­gentin de Buenos Aires, pos­sède un marché de fruits où il vend une pomme pour 4 pesos et/ou 4 dollars américains.

Carlos a un ami, Pedro, qui le fournit en pommes du pays. Pedro utilise des pesos dans ses transactions. Dernièrement, un certain Bob, originaire des États-Unis, envoie par avion des pommes américaines et les vend beaucoup moins chers. Si jamais Carlos est intéressé, il pourra importer de ces pom­mes à coûts moindres. En homme d’affaires prévoyant, Pedro mettra au chômage tous ses employés et en profitera pour placer son argent dans une banque canadienne, ce qui est bien plus rentable. Ainsi, tous les gens d’affaires adop­tent le même réflexe et, les capitaux argentins pour inves­tir dans l’économie nationale, deviennent inexistants. Les tra­vailleurs exigent des produits alimentaires pour survivre, mais les marchés d’alimenta­tion (offreurs) vendent à des prix très élevés puisque très peu d’entrepreneurs demeu­rent en Argentine. On peut par­ler d’une inflation et d’un chô­mage qui ne cessent d’aug­menter combinés à un gouver­nement qui va jusqu’à limiter les sommes d’argent que les Argentins peuvent retirer de la banque, justement pour éviter une fuite encore plus grande des capitaux et une inflation plus exagérée.

Une odeur de corruption

Cet épisode traque est plani­fié depuis au moins dix ans par les élites corrompues de l’Ar­gentine de concert avec les multinationales américaines et le Le système de parité dollar-peso n’avait pour but que d’amener la dévaluation de la monnaie nationale gnous le constatons aujourd’hui) et d’écraser l’économie locale. Pendant ce temps au Canada, « le plus meilleur pays an mon­de », nous serons maintenus dans l’ignorance et notre gou­vernement continuera de nous faire croire que les Argentins sont incapables de gérer leur économie et que nous devons les éduquer en leur imposant notre système capitaliste. Ces bons capitalistes qui ne sem­blent éprouver aucuns remords à profiter de la misère des peu­ples ne pourront jamais prévoir (l’économie obéit à des lois telle une machine) la colère, la solidarité et la lutte que le peu­ple argentin pourrait engager contre cette forme de colonia­lisme qui le réduira bientôt à n’être qu’un esclave des capi­taux étrangers.

 

  1. Fonds monétaire international, organisme fondé en 1947 et dominé par les argentiers américains ayant pour but d’assurer la sécurité économique mondiale dans les échanges commerciaux

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