Capitale : Buenos Aires
Superficie 2 776 889 km carrés
Population : 36 123 000
Langue : espagnol
Une fois de plus, l’Amérique du Sud subit une instabilité sociale et politique sans précédent. En fait, il s’agit de l’Argentine, pays qui possède toutes les ressources (matières premières, éducation supérieure, main-d’œuvre qualifiée) pour se donner un État démocratique soucieux de la collectivité. Malgré cela, nous devons nous rendre à l’évidence que l’Argentine, comme la majorité des pays d’Amérique du Sud, est victime de la doctrine américaine Monroe (ancien président) : « l’Amérique aux Américains ».
Cette doctrine détermine depuis plus d’un siècle la politique américaine vis-à-vis ces pays de l’hémisphère sud qui ne sont rien de moins que leur jardin où ils peuvent y retirer, à des coûts avantageux. toutes les ressources naturelles voulues. La recette est simple : tout d’abord, installer au pouvoir un gouvernement qui défendra les intérêts financiers des multinationales américaines et, par la suite, pour y arriver, utiliser tous les moyens envisageables (assassinats politiques, trucage d’élections, coup d’État, etc.).
Un peu d’histoire…
Un retour dans l’histoire va nous aider à mieux saisir la situation actuelle. En 1989, le peuple argentin « élira » (appuyé par Washington) le gouvernement péroniste ultra libéral de Carlos Menem qui va créer, en collaboration étroite avec le FMI1, un nouveau modèle économique basé sur la libre-entreprise. Avec l’aide des capitalistes occidentaux, l’Argentine privatisera toutes ses entreprises publiques, éliminera les législations dut travail et toutes les entraves aux commerces importateurs étrangers. Également, le FMI obligera l’Argentine à rembourser ses dettes astronomiques. Le problème, c’est que le gouvernement ne dispose pas suffisamment de capitaux. Il devra emprunter pour payer les intérêts Afin de relancer l’économie nationale, il installera un système de parité dollar-peso qui permet de faire croire aux Argentins que les pesos équivalent au dollar américain ( 1 dollar, 1 peso). En fait, la parité a eu pour conséquence de faire bondir les prix des produits locaux (le capital en peso nécessite beaucoup plus de fonds à cause de la force du dollar), d’écraser le marché exportateur et de favoriser l’arrivée des multinationales dans le marché des importations.
Les Argentins floués…
Par exemple, Carlos, un Argentin de Buenos Aires, possède un marché de fruits où il vend une pomme pour 4 pesos et/ou 4 dollars américains.
Carlos a un ami, Pedro, qui le fournit en pommes du pays. Pedro utilise des pesos dans ses transactions. Dernièrement, un certain Bob, originaire des États-Unis, envoie par avion des pommes américaines et les vend beaucoup moins chers. Si jamais Carlos est intéressé, il pourra importer de ces pommes à coûts moindres. En homme d’affaires prévoyant, Pedro mettra au chômage tous ses employés et en profitera pour placer son argent dans une banque canadienne, ce qui est bien plus rentable. Ainsi, tous les gens d’affaires adoptent le même réflexe et, les capitaux argentins pour investir dans l’économie nationale, deviennent inexistants. Les travailleurs exigent des produits alimentaires pour survivre, mais les marchés d’alimentation (offreurs) vendent à des prix très élevés puisque très peu d’entrepreneurs demeurent en Argentine. On peut parler d’une inflation et d’un chômage qui ne cessent d’augmenter combinés à un gouvernement qui va jusqu’à limiter les sommes d’argent que les Argentins peuvent retirer de la banque, justement pour éviter une fuite encore plus grande des capitaux et une inflation plus exagérée.
Une odeur de corruption
Cet épisode traque est planifié depuis au moins dix ans par les élites corrompues de l’Argentine de concert avec les multinationales américaines et le Le système de parité dollar-peso n’avait pour but que d’amener la dévaluation de la monnaie nationale gnous le constatons aujourd’hui) et d’écraser l’économie locale. Pendant ce temps au Canada, « le plus meilleur pays an monde », nous serons maintenus dans l’ignorance et notre gouvernement continuera de nous faire croire que les Argentins sont incapables de gérer leur économie et que nous devons les éduquer en leur imposant notre système capitaliste. Ces bons capitalistes qui ne semblent éprouver aucuns remords à profiter de la misère des peuples ne pourront jamais prévoir (l’économie obéit à des lois telle une machine) la colère, la solidarité et la lutte que le peuple argentin pourrait engager contre cette forme de colonialisme qui le réduira bientôt à n’être qu’un esclave des capitaux étrangers.
- Fonds monétaire international, organisme fondé en 1947 et dominé par les argentiers américains ayant pour but d’assurer la sécurité économique mondiale dans les échanges commerciaux



