En janvier 85, madame Pauline Marois, alors ministre de la main-d’œuvre et de la sécurité du revenu, mettait sur pied un programme de retour aux études pour les parents uniques bénéficiaires de l’aide sociale. Ce programme, depuis longtemps réclamé par divers groupes de femmes, permet aux parents uniques d’étudier à temps plein, au niveau collégial ou universitaire, tout en conservant leurs prestations. De plus, les frais de garde (10 $/jour), les frais de scolarité et le matériel scolaire, et une allocation de 100 $/mois sont versés à ceux-celles qui se prévalent du dit programme. Sont éligibles ceux et celles qui sont bénéficiaires depuis au moins 24 mois et pourront y être inscrit-e-s pour 3 trimestres (sessions) sur une période de 24 mois.
Un bien beau programme me dira-t-on; permettre aux parents uniques de retourner aux études sans passer par le régime des prêts et bourses et ainsi éviter l’angoisse financière que celui-ci implique, et bénéficier d’avantages financiers qui favoriseront cette réinsertion, bravo ! semble même qu’on ait tenté de tenir compte de la réalité des parents uniques en prévoyant, entre autres, le remboursement des frais de garde et de transport.
Malgré certaines divergences dans l’application des directives relatives au programme, probablement dues à l’incompréhension de certain-e-s agent-e-s, il semble qu’un réajustement des directives et de leur diffusion soit suffisant à éliminer les problèmes qu’ont connus les usagers-ères : délais de paiement, technicalités administratives non-établies ou inutiles et harcèlement. C’est le bombardement de nouvelles directives, dont sont victimes les bureaux d’aide sociale, qui pourrait être la cause aux problèmes d’application des technicalités qu’implique le programme. S’il faut une raison, aussi bien en trouver une bonne…
Cependant, et c’est là que ça cloche, aucune mesure n’a encore été prévue à l’égard de ceux et celles qui, leurs 3 sessions terminées, voudront poursuivre leur formation. Quand doivent-il-elles faire leur demande de prêts et bourses et, surtout, comment seront-elles traitées ces demandes ? Comment seront évalués les besoins de ceux et celles qui auront reçu des prestations d’aide sociale jusqu’en décembre ? Combien de temps devront-ils-elles attendre avant de recevoir leur premier versement ? Toutes ces questions, et bien d’autres encore, n’ont pas eu de réponse, tant de la part du directeur de la direction générale de l’aide financière aux étudiant-e-s (prêts et bourses) que de celle du responsable du programme au ministère de la main-d’œuvre et de sécurité du revenu. Est-ce dire que les usagers-ères n’auront tout simplement qu’à redevenir de simples bénéficiaires en essayant de terminer, à temps partiel, une formation qu’on leur aura permis de commencer 3 sessions plus tôt ?
Les perspectives de développement du gouvernement semblent avoir la vue, ou la vie ?, bien courte. Et une telle incompatibilité entre 2 régimes, aide sociale et prêts et bourses, ne peut que mettre en lumière l’incohérence et le manque de communication entre nos différents ministères. Mais en attendant que leurs lignes soient reliées, les nouveaux-elles étudiant-e-s ne savent trop sur quel pied danser. Déjà aux prises avec différents problèmes de fonctionnement à l’intérieur même du programme, qu’est-ce qui les attend dans quelques mois, le néant ou un « planter » politico-éconobidon ? ? ?



