Rêve de Noël – Rêve de société

1 décembre 2004

Si vous ne rêvez plus, surtout pas à Noël comme c’était mon cas, je vous invite à lire ce texte qui peut vous donner un sujet de rêve utile, bon pour toutes et tous. Le paragraphe suivant peut sembler triste, mais il vise à démontrer un revirement possible : l’espoir d’un mode de vie enthousiasmant et régénérateur !

Je ne rêvais plus. Je n’osais plus rêver après tant d’années de misère, une misère que j’ai finalement déclarée incon­venable dans une société dite des plus riches. Tout à coup, j’ai pensé que si j’étais encore en vie, c’était certainement parce que j’avais le droit de vivre. Pour ce faire, j’avais besoin d’aide, cette aide adé­quate et complète que je n’ai pas trouvée à ce jour. Il ne faut pas être trop malade et cepen­dant avoir l’énergie pour compenser certains handicaps afin de chercher de l’aide, se mettre à genoux à expliquer toutes les difficultés vécues (méritées peut-être et pour quelles raisons).

On vous pose des questions que vous n’entendez pas ou ne comprenez pas suffisamment, devant ainsi répéter ces détails douloureux à toutes les per­sonnes contactées, ici même à Sherbrooke, qui vous réfè­rent ailleurs sans appui ou tout simplement à la rue, avec ou sans enfant. Dans plusieurs cas, vous ne pouvez pas argu­menter clairement et insister, puisque vous n’avez pas iden­tifié toutes les causes et ne pouvez expliquer l’enchaîne­ment des problèmes. Bien souvent, on reçoit l’accusation de ne pas « penser positif », vous replongeant dans la culpabilité tant combattue pour enfin « penser positif » et espérer positivement.

Un épanouissement à la mesure de l’être humain

Enfin et heureusement, après avoir connu des gens qui osent espérer et revendiquer une société plus équitable et heureuse, j’ai pu figurer davantage les détails de son fonctionnement possible. Avec l’information plus juste qu’on. m’a fournie prompte­ment, j’ai compris que ce rêve pouvait devenir réalité. Il devient possible si l’être humain adopte une attitude d’amour empreint d’équité. Il évite la nécessité de juger du droit d’une personne à vivre selon des conditions décentes. Imaginez, par le fait même, l’abolition des catégories d’aptitude et d’inaptitude, d’hon­nêteté et de fraude. Ces classifications favorisent entre nous le doute, la dévalorisation, le mépris, la compétition, l’oppression et les souffrances qui en découlent. Toute l’éner­gie mise à épier, juger et classer, serait utilisée autre­ment. Les conditions de vie décentes comprennent les besoins essentiels comblés. Ces besoins peuvent viser l’épanouissement global de la personne. Pour plusieurs, aujourd’hui, l’épanouissement de l’être ne se limite pas à la nourriture, au logement et aux vêtements. Il a généralement besoin d’exercices physiques, d’activités solitaires, sociales et culturelles. Il a également besoin du droit à l’instruction et celui à l’information à sa mesure.

Y a assez d’argent pour tout le monde

Dans ce genre de société, les postes qui comportent des tâches de juge, une autorité qui a une portée directe sur les conditions de vie des gens, pourraient être transformés en postes d’aide. Cette aide consisterait à établir des services possibles pour l’épanouissement global des gens. Elle serait complémentaire à un revenu pouvant satisfaire les besoins véritables de chacun et chacune.

Dans un monde où l’argent est encore nécessaire, les coûts de ce revenu garanti ainsi que des services complémentaires pourraient être défrayés par le transfert des budgets oc­troyés, entre autres, à l’indus­trie de guerre, à des secteurs de recherche, aux assurances pu­bliques, à plusieurs industries polluantes fournissant des produits également polluants, etc. Ce ne sont que quelques exemples de capacité de finan­cement. Sans tenir compte des sommes détournées dans des paradis fiscaux, il y a assez de tout ce dont nous avons besoin essentiellement. Bien sûr, un tel changement entraînerait une modification considérable de nos structures mais nous aurions le temps d’agir adéquatement étant donné que nos besoins pri­mordiaux seraient comblés. Un peu plus d’argent en revenu adéquat garanti, beaucoup plus de temps et d’énergie à consacrer aux modifications requises !

La force du cœur

Mais qui assumerait les tâches à remplir ? J’ai parfaitement confiance que des gens les assumeraient avec le bonheur de s’activer enfin dans cette nouvelle société érigée pour le bien commun et selon leurs capacités. Avec un revenu suf­fisant, nous pourrions ainsi sélectionner nos activités en tenant compte de la réduction des effets néfastes. Par exem­ple, nous pourrions organiser les déplacements effectués par véhicules, pour les personnes ou les marchandises, afin de minimiser les effets de la pollution et du stress…

La partie du rêve possible qui demande le plus d’imagination concerne la façon d’en con­vaincre la majorité, de concré­tiser son pouvoir avec la force du cœur, sans armement, car nous sommes pacifistes ! Joyeux Noël et Bonne Année de rêve réalisable !

 

 

 

 

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