Le joug du travail au noir

1 mars 2005

Mon but n’est pas de culpabiliser les gens qui travaillent au noir. Je souhaite plutôt porter leur attention sur certains effets découlant de ce phénomène très répandu et qui semble de plus en plus toléré. On entend justifier cette tolérance par le fait des conditions de vie trop difficiles. On va même jusqu’à dire que notre gouvernement en est responsable. Bien des coupures dans les revenus individuels et collectifs et augmentation constante du coût de la vie dans tous les secteurs ou presque ! J’irais jusqu’à écrire qu’il en est co-responsable en favorisant le monopole exercé par les multinationales.

Toutefois, ces déclarations n’effacent pas les problèmes reliés à ce travail au noir. Un des jougs s’y rapportant est l’illégalité. Les personnes qui l’exercent doivent se sentir plus ou moins coupables ou du moins répréhensibles. Ceci est un joug lourd de conséquen­ces. L’illégalité entraîne le sentiment d’illégitimité quant aux droits dé revendiquer des conditions de vie décentes. De plus, ces personnes ne peu­vent dénoncer les mauvais traitements effectués par des employeurs au noir. Un autre joug est le fait que cette activité illégale terrorise ces victimes face aux représailles possibles. Garder le silence et rester invisible s’imposent presque dans ce mode de vie. Ce qui semble toléré par les autorités peut servir, éventuellement, à neutraliser des contestataires.

Un cul-de-sac

Je crois que le gouvernement et des employeurs complices incitent la population, qu’ils défavorisent sciemment, à s’enfoncer dans l’illégalité. On fournit de la main-d’œuvre à bon marché qui ne pourra revendiquer de meilleures con­ditions de vie. Plusieurs peuvent choisir : un travail au salaire minimum (i.e. sous le seuil de pauvreté), avec de mauvaises conditions, un travail au noir, ou les deux, ou les trois à la fois.

Si tel est votre cas, je vous déconseille de valoriser ce genre de travail auprès des autres, surtout les jeunes. En effet, il y en a qui valorise le travail coûte que coûte sous prétexte que ça, c’est avoir du courage. Toutefois, si vous vivez cette obligation de travailler au noir pour survivre, je vous invite à exercer aussi votre courage en vous impliquant dans des organismes de défense des droits. Si le temps vous man­que, ce qui est courant, je vous incite à les appuyer en paroles, en petites actions ou simple­ment en pensée.

Il y a des gens qui ont tellement peur qu’ils n’osent même pas y penser. Ce que je crois être un autre joug, celui de perdre la liberté de penser et de reven­diquer. En vous impliquant et en étant solidaire, c’est une façon aussi valable que le travail au noir pour améliorer vos conditions de vie.

 

 

 

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