Bon pied, bon œil ! Mon œil

1 Décembre 2006

Automobilistes et piétons

Je n’ai pas du tout envie de faire de l’œil aux automobilistes. En réponse à l’opération menée par le Service de police de Sherbrooke conjointement avec la Société des accidentés et accidentées du Québec (SAAQ), je tiens à relever quelques détails qui semblent avoir été oubliés dans cette approche. Tout d’abord, après avoir pris connaissance du slogan qui nous invite à faire de l’œil aux automobilistes, je me suis sentie oppressée à l’idée de ce contact visuel obligatoire pour préser­ver ma vie ou ma santé. J’imagine que cette façon prévaut également pour un certain milieu apparenté à la prostitution. Quelle confusion !

C’est dans Le Journal de Sher­brooke du 6 octobre que l’on pouvait lire l’invitation de Pierre Garneau de la SAAQ : « Nous souhaitons que le slogan, Au passage, on se fait de l’œil !, rappelle aux piétons de s’assu­rer d’être bien vus par le con­ducteur avant de traverser la rue ». Il semble qu’on ait ignoré que des reflets dans le pare-brise empêchent souvent de voir le visage de l’automo­biliste durant le jour, que dire du soir. De plus, malgré des lunettes de correction, il arrive aussi qu’on ne voit pas les yeux à une distance sécuritaire, même avec d’énormes lunettes.

Voir et être vu

La sécurité veut que la personne qui se déplace à pied, doive at­tendre sur le trottoir. Elle est. donc trop loin pour voir clai­rement les yeux des automo­bilistes. Elle se retrouve souvent au milieu de la chaussée et, malgré elle, doit jongler afin de pouvoir terminer sur sa lumière, car trop d’automobilistes s’élan­cent pour passer avant dans la plupart des cas. Par ailleurs, ce phénomène existe sur les feux piétonniers en général, parce que des automobilistes profitent du virage à droite même quand il est interdit en tout temps. Tout cela, en essayant de voir les yeux des automobilistes !

Dire qu’on note annonçait dans ce même article, concernant les virages à droite aux feux rou­ges que le maire Jean Perrault « …croit qu’on pourrait aug­menter ces pourcentages à 80 % sans compromettre la sécurité des Sherbrookois ».

Qu’en est-il du stress et du ris­que d’erreur ? Également, il semble que, toujours selon M. Perrault : « Aucun incident majeur, à ma connaissance, n’est survenu depuis que ces virages sont permis à Sherbrooke ». Qu’en est-il des cas mineurs ? Que veut dire majeur ? A-t-il oublié que des accidents jugés mineurs ont souvent des réper­cussions majeures sur la vie des personnes accidentées ?

Dans le même article, M. Garneau « considère que les VDFR n’ont pas eu vraiment d’effets négatifs jusqu’à pré­sent ». Pas vraiment, signifie­rait qu’il y en a eu. Il semble que les personnes accidentées ne valent pas la peine qu’on diminue plutôt les’ risques. Il faut croire qu’elles ne coûtent pas si cher à la SAAQ. Voilà, c’était pour le bon œil !

Avoir bon pied

Quant au bon pied, doit-on comprendre que les personnes qui n’ont pas la capacité d’un bon pas, devraient s’abstenir de circuler à pied car elles ne peu­vent participer à « …mettre l’accent sur la sécurité. Le res­pect entre les piétons et les automobilistes est primor­dial » comme l’aurait déclaré M. Perrault. ‘À mon avis, le manque de respect est déjà ins­tallé aux feux de circulation qui, au départ, en général, n’allouent pas assez de temps pour tra­verser la rue à pied.

Plusieurs répéteront qu’il y a des piétons qui abusent pour ex­cuser les risques pris au volant. Une telle attitude permet qu’encore une fois, des gens subissent l’oppression sous pré­texte d’abus. Il est à noter qu’en plus d’être un moyen de trans­port, l’automobile protège comme une armure. Elle peut égaiement servir d’arme pour menacer ou frapper. Savons-nous l’employer d’une façon respectueuse, donc sécuritaire, envers les personnes à pied ?

 

 

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