Automobilistes et piétons
Je n’ai pas du tout envie de faire de l’œil aux automobilistes. En réponse à l’opération menée par le Service de police de Sherbrooke conjointement avec la Société des accidentés et accidentées du Québec (SAAQ), je tiens à relever quelques détails qui semblent avoir été oubliés dans cette approche. Tout d’abord, après avoir pris connaissance du slogan qui nous invite à faire de l’œil aux automobilistes, je me suis sentie oppressée à l’idée de ce contact visuel obligatoire pour préserver ma vie ou ma santé. J’imagine que cette façon prévaut également pour un certain milieu apparenté à la prostitution. Quelle confusion !
C’est dans Le Journal de Sherbrooke du 6 octobre que l’on pouvait lire l’invitation de Pierre Garneau de la SAAQ : « Nous souhaitons que le slogan, Au passage, on se fait de l’œil !, rappelle aux piétons de s’assurer d’être bien vus par le conducteur avant de traverser la rue ». Il semble qu’on ait ignoré que des reflets dans le pare-brise empêchent souvent de voir le visage de l’automobiliste durant le jour, que dire du soir. De plus, malgré des lunettes de correction, il arrive aussi qu’on ne voit pas les yeux à une distance sécuritaire, même avec d’énormes lunettes.
Voir et être vu
La sécurité veut que la personne qui se déplace à pied, doive attendre sur le trottoir. Elle est. donc trop loin pour voir clairement les yeux des automobilistes. Elle se retrouve souvent au milieu de la chaussée et, malgré elle, doit jongler afin de pouvoir terminer sur sa lumière, car trop d’automobilistes s’élancent pour passer avant dans la plupart des cas. Par ailleurs, ce phénomène existe sur les feux piétonniers en général, parce que des automobilistes profitent du virage à droite même quand il est interdit en tout temps. Tout cela, en essayant de voir les yeux des automobilistes !
Dire qu’on note annonçait dans ce même article, concernant les virages à droite aux feux rouges que le maire Jean Perrault « …croit qu’on pourrait augmenter ces pourcentages à 80 % sans compromettre la sécurité des Sherbrookois ».
Qu’en est-il du stress et du risque d’erreur ? Également, il semble que, toujours selon M. Perrault : « Aucun incident majeur, à ma connaissance, n’est survenu depuis que ces virages sont permis à Sherbrooke ». Qu’en est-il des cas mineurs ? Que veut dire majeur ? A-t-il oublié que des accidents jugés mineurs ont souvent des répercussions majeures sur la vie des personnes accidentées ?
Dans le même article, M. Garneau « considère que les VDFR n’ont pas eu vraiment d’effets négatifs jusqu’à présent ». Pas vraiment, signifierait qu’il y en a eu. Il semble que les personnes accidentées ne valent pas la peine qu’on diminue plutôt les’ risques. Il faut croire qu’elles ne coûtent pas si cher à la SAAQ. Voilà, c’était pour le bon œil !
Avoir bon pied
Quant au bon pied, doit-on comprendre que les personnes qui n’ont pas la capacité d’un bon pas, devraient s’abstenir de circuler à pied car elles ne peuvent participer à « …mettre l’accent sur la sécurité. Le respect entre les piétons et les automobilistes est primordial » comme l’aurait déclaré M. Perrault. ‘À mon avis, le manque de respect est déjà installé aux feux de circulation qui, au départ, en général, n’allouent pas assez de temps pour traverser la rue à pied.
Plusieurs répéteront qu’il y a des piétons qui abusent pour excuser les risques pris au volant. Une telle attitude permet qu’encore une fois, des gens subissent l’oppression sous prétexte d’abus. Il est à noter qu’en plus d’être un moyen de transport, l’automobile protège comme une armure. Elle peut égaiement servir d’arme pour menacer ou frapper. Savons-nous l’employer d’une façon respectueuse, donc sécuritaire, envers les personnes à pied ?




