Mon beau sapin
Du moins, si l’on s’en tient à la tradition, il serait plus juste de lui conférer le titre de « Roi des foyers » ! En effet, plus de trois millions d’arbres sont détronchés chaque année pour être vendus sur le marché canadien et exportés aux États-Unis, au Mexique, au Venezuela et en Allemagne. Parmi les différents candidats (épinettes, pins, pruches, cyprès, etc.), c’est le sapin baumier qui occupe le premier rang au sein de la hiérarchie de la classe Arbre de Noël, au Québec
Mais comment en sommes-nous arrivés à élire roi de nos domiciles ce « conifère aux doigts d’épines » ? Grâce au témoignage exclusif de la première victime québécoise de ce (méfait) peut-être pas approprié, le mystère de la coupe de sapins a pu être élucidé. Écoutons-la .« C’était en I 871, alors que je me laissais doucement bercer par la brise hivernale qui soufflait sur la ville de Sorel. Soudainement, un baron allemand, jadis connu sous le nom de Général Von Reidesel, me trancha sauvagement les pieds de sa hache et me transporta en un lieu alors inconnu où il me planta au sol et m’orna de chandelles blanches. On me baptisa alors « Sapin de Noël ».
Évolution du sapin
Au cours des années suivantes, la tradition du sapin de Noël se propagea peu à peu en Amérique du Nord, jusqu’à ce qu’elle soit solidement implantée vers 1850. Limitée d’abord à la classe bourgeoise, la pratique commença à se généraliser dans les milieux urbains à partir de 1920. Finalement, les familles des milieux ruraux adoptèrent la tradition du sapin décoré vers 1930.
Vers la fin du 19e siècle, la taille du sapin prit de l’ampleur. Marquée par l’arrivée des premiers supports métalliques sur le marché, l’époque des « petits sapins de table » fut abolie en faveur du sapin de grande taille. Le coût élevé des supports n’empêcha pas néanmoins les familles plus démunies de garnir leur foyer de ce sapin grand format, car la superposition de deux planchettes de bois croisées et clouées pouvaient très bien faire l’affaire.
Ornementation du sapin
Le sapin de Noël fut d’abord décoré par des « boules mangeables », soient des pommes (symbole de l’arbre du Paradis où Ève cueillit le Fruit défendu), des confiseries et des petits gâteaux ressemblant à des hosties. Au début du 19e siècle, on ajouta au sapin des personnages en papier mâché, des objets en fil de fer, en verre ou en cire. À l’ère du 20e siècle, les petites bougies illuminant le sapin furent remplacées par des ampoules électriques. Grâce aux « Rois Lumières » Edward Johnson et Thomas Edison, un premier sapin illuminé à l’électricité fut dressé à Westmount, au Québec, en 1896. Sans oublier, bien sûr, la traditionnel le étoile posée au sommet du sapin, symbole de l’étoile de Bethléem ayant guidé les Rois Mages. Il va sans dire qu’un Noël sans sapin n’est pas un vrai Noël.
La règle des RRR
Souvent, inconsciemment, des milliers de Québécois reproduisent chaque année une tradition riche en histoire dont ils ignorent la provenance. En cette période de réjouissance et de consommation intense, il est tout de même important de se sensibiliser face au gaspillage engendré par la perpétuation de cette tradition. Sans toutefois bannir cette pratique culturel le de nos habitudes, nous devons nous conscientiser face à l’état de l’environnement et encourager, par exemple, les petites fermes familiales, qui investiront les profits à la sauvegarde des milieux naturels (contrairement aux grandes compagnies qui elles les garderont).
Les Fêtes terminées, nous pouvons user de notre imagination et recycler une partie de notre sapin : les aiguilles peuvent servir de désodorisant, le tronc peut être coupé de façon à former une mangeoire à oiseaux ou tout simplement, servir de bois de chauffage. Bref, tentons de nous conformer à la règle des « 3 R », Réduire, Réutiliser, Recycler et le tour sera joué ! Maintenant, il ne nous reste qu’à célébrer et à nous amuser ! Joyeuses Fêtes !

Pour une deuxième année consécutive, Sherbrooke a eu droit à son défilé du Père Noël le 22 novembre dernier. Le voici sur la rue Aberdeen.




