L’impossible comme art
À l’aube de son deuxième anniversaire, le Tremplin 16-30, qui a déjà connu un vif succès au niveau résidentiel, a tout récemment inauguré son volet milieu de vie. Jeunes (et moins jeunes) ont donc à leur disposition des salles de rencontres et de spectacles à prix très abordables, où ils peuvent exprimer librement leur art musical, théâtral ou autre. Le Zybaldone Café constitue donc un lieu privilégié pour exposer.
Une jeune Sherbrookoise de 24 ans, Marie-Hélène Darveau, a d’ailleurs eu la chance d’initier le café par une exposition de toiles. Passionnée des arts depuis son enfance, elle a été référée au Tremplin par un travailleur de rue impressionné par la qualité de ses œuvres.
Pour Marie-Hélène, la peinture représente un médium d’expression tout aussi valide que l’oral ou l’écrit. Mieux encore, l’art pictural ne reflète pas une image préconçue et laisse libre court à l’imagination et l’élaboration personnelle.
« Victimite aiguë »
C’est au travers de voyages en Amérique Centrale, dans l’Ouest Canadien et aux États-Unis que cette jeune artiste a diagnostiqué une « victimite aiguë » chez une large partie la population québécoise. Confortablement installée sur sa ouate, elle n’a d’œil, selon elle, que pour son petit nombril, complètement aveugle face aux injustices sociales qui nous entourent. C’est en s’inspirant de ces maux humanitaires que Marie-Hélène a puisé son inspiration. Une inspiration qui exprime une frustration sans égal et qui ne peut se dire, mais que l’on peut peindre. Et c’est grâce à cette colère que Marie-Hélène Darveau nous ouvre aujourd’hui les portes de son univers intérieur. Chaque pièce de sa toute première « collection » témoigne d’un thème précis, allant du « déclin de la religion » au « port des fourrures » et chacun est exploité de façon consciencieuse et réfléchie. Déjà, trois de ses toiles ont été vendues. L’exposition se termine le 30 juin !
La grande école
La jeune artiste s’est d’abord consacrée à la bande dessinée. Son expérience collégiale en Arts et Lettres l’ayant déçue par ses restrictions, l’intérêt pour la peinture a mis du temps à se développer. L’artiste dit s’être « sentie obligée de se conformer à un courant particulier (réaliste, néoclassique, etc.) », qui ne lui convenait pas. Mais au fil. des ans, certains de ses personnages de bandes dessinées l’ont rattrapée et ont repris vie sur ses toiles, et ce, pour notre grand plaisir.
La vie d’artiste…
Il est bien connu que si l’on ne se qualifie pas aux concours de Star Académie, ou qu’aucun lien de parenté ne nous unit à Michel Tremblay ou encore à Paul-Émile Borduas, et qu’en plus, on n’a pas le sous, on est pas mal foutu en tant qu’artiste. Mais plus maintenant ! Le Tremplin 16-30 ouvre la porte à des artistes sans ressource mais talentueux et qui désirent faire connaître leur art sans se ruiner. Il suffit de s’adresser à M. Christian Richard (565-4141, poste 103), responsable du volet milieu de vie. Tous les types de projets sont les bienvenus ! ne manque plus que vous !



