CHÔMAGE
Chaque nouvelle pratique de la Commission de l’assurance-emploi du Canada (CAEC) mérite qu’on s’y attarde attentivement. Même si aux premiers abords, certaines modifications semblent positives pour les prestataires, ce n’est pas toujours le cas. Rappelons-nous des rencontres de groupe organisées dans le cadre du « Service d’aide aux prestataires » qui aujourd’hui se sont transformées en séances de propagande anti-fraude où les prestataires sont piégés plutôt que soutenus en matière de disponibilité.
Une nouvelle pratique vient de faire son apparition et je crains qu’elle cause bientôt des ravages. On m’a invité à regarder cette nouveauté de façon positive. j’ai tenté de le faire, mais la réalité quotidienne au Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l’Estrie (MCCE) me rappelle qu’il faut constamment demeurer vigilant. Dans le doute, je préfère partager mes craintes avec vous..
Où se trouve cette nouveauté ?
Lorsqu’on dépose une demande de prestations, l’ordinateur émet à la toute fin du processus un avis de « Confirmation et paiement ». Celui-ci précise un numéro de confirmation, la date et l’heure de la réception de sa demande, l’adresse de son Centre Service Canada et un petit descriptif des futures étapes dans le traitement de sa demande. Il est recommandé d’imprimer et de conserver cet accusé de réception.
La nouveauté se trouve juste au bas de ce document ou sur la deuxième page ou à l’endos si celui-ci est imprimé au bureau de la CAEC. Sous la forme d’un message encadré, le ministère demande si vous saviez que 1, 2 ou 3 emplois correspondant à votre dernier emploi sont offerts dans votre région. Un aperçu de ces offres apparaît ensuite précisant le numéro de l’offre, son appellation, le lieu de travail et le nom de l’employeur.
A première vue, rien ne semble trop dangereux. Par contre, les premières fois que nous avons vu de telles mentions, les prestataires ne les avaient pas remarquées et avaient classé cet accusé de réception. Bien qu’ils aient entrepris des démarches afin de se retrouver un emploi, ceux-ci n’avaient pas donné suite à ces quelques offres. Nous leur avons conseillé d’y porter une attention particulière afin d’éviter des problèmes.
Attention ! La Loi est là !
En effet, la Loi prévoit l’exclusion d’un prestataire qui, sans motif valable, n’a pas postulé un emploi convenable qui était vacant, après avoir appris que cet emploi était vacant. La durée de cette exclusion est d’au moins sept semaines et ne peut dépasser douze semaines. On peut rapidement imaginer le pétrin dans lequel serait le prestataire qui se fait demander quelques semaines plus tard s’il a postulé sur le ou les emplois mentionnés sur son accusé de réception.
Il n’est pas obligé de postuler un de ces emplois si, par exemple, celui-ci n’était pas convenable ou si le prestataire ne possédait pas les qualifications exigées. Plusieurs motifs pourraient valider sa décision de ne pas postuler. Toutefois, le ministère voudra connaître ses motifs. Un prestataire doit donc consulter le détail de l’offre d’emploi et noter le ou les motifs pourquoi il a décidé de ne pas postuler au cas ou un agent de la Commission lui demande des comptes. Vivrons-nous encore une fois la transition douteuse d’une mesure positive vers un outil répressif dans les mains d’une machine totalement déshumanisée ? Le doute est malheureusement justifié.



