Tanné(e-s) d’être au bas de l’échelle

1 septembre 2002

Une réforme en profondeur c’est l’heure !

Différentes lois régissent le monde du travail dont la Loi sur la santé et la sécurité au travail, la Loi sur les maladies professionnelles, le Code du travail, et bien sûr, la Loi sur les normes du travail. Cette dernière vise à protéger les travailleurs et travail­leuses non-syndiqués qui représentent 60 % de la population active au Québec. Il s’agit d’environ 1,6 million de salariés….

Depuis plusieurs années, la crise de l’emploi et dif­férentes stratégies patronales et gouvernementales ont érodé le support législatif des travailleurs et des travailleu­ses, augmenté la précarité d’emploi et entraîné des con­ditions de travail à la baisse. L’évolution de l’emploi au Québec, depuis plus de 20 ans, révèle deux phénomènes: le recul de l’emploi salarié à temps plein et la croissance de l’emploi atypique.

La loi actuelle qui date de 1980 est désuète et ne tient pas compte de la réalité pré­sente du marché du travail. Les statuts d’emploi se modifient et les emplois stables devien­nent des emplois contractuels, autonomes, sur appel, à temps partiel, en sous-traitance, etc. Us permettent d’éviter en tout ou en partie l’application des lois du travail.

Une promesse qui dure

Le gouvernement a promis une réforme de la Loi sur les normes du travail depuis 1997. Au printemps dernier, le ministre du Travail, Mon­sieur Jean Rochon, a déposé un document et tenu une con­sultation sur les propositions gouvernementales concernant la révision de cette Loi. Une quarantaine d’organismes ont été entendus; le milieu patro­nal, syndical et communau­taire. Évidemment, les points de vue étaient souvent en op­position. Pour les entreprises, ce n’est pas le temps d’améliorer les nonnes minimales du travail.Pour permettre la vitesse de croisière de l’éco­nomie, il ne faut pas de con­traintes. Cela empêche d’être productif et compétitif. Alors, pourquoi légiférer ? ? ? Pour tous ces travailleurs et tra­vailleuses qui vivent des con­ditions de travail abusives et pour leur assurer les mêmes droits et les mêmes con­ditions quel que soit leur statut.

Et plus encore…

Parce qu’il faut diminuer le temps de travail, instaurer le droit de refus de faire du temps supplémentaire. De plus en plus de personnes effectuent trop d’heures sup­plémentaires au détriment de leur santé physique et men­tale. Parce qu’il faut tenir compte des obligations fami­liales. Parce qu’il faut aug­menter les congés (2 semai­nes de vacances annuelles contre 6 semaines en Europe, aucun congé de maladie…). Parce qu’il faut régler le pro­blème de discrimination sala­riale et de substitution en emploi. La sous-traitance et les agences de placement permettent de donner un salaire moindre. Parce qu’il faut hausser le salaire mini­mum pour permettre aux per­sonnes de sortir de la pau­vreté. Plus de 217 000 tra­vaillent à 7,00 $/heure. Parce qu’il faut offrir un recours véritable en cas de congé­diement ou de harcèlement psychologique. Parce qu’il faut revendiquer l’inclusion des gardiennes dans la loi. En effet, plus de 8 000 personnes prodiguant des soins à domi­cile sont dans un vide juridi­que qui ne prévoit aucune protection. Parce qu’il faut améliorer les conditions des domestiques, des personnes immigrantes travaillant en vertu d’une entente pour obtenir leur statut d’immigrant-e. Les raisons ne man­quent pas, mais il faut un courage politique… Cet automne se déroulera une tournée d’information, de sensibilisation et d’actions menée par l’organisme Au bas de l’échelle dans toutes les régions du Québec. Soyons alertes et solidaires pour forcer le gouvernement à déposer un projet de loi.

Françoise David sera présente pour une forma­tion jeudi le 26 septembre de 13 h 15 à 16 h 30, à la CSN, au 180, rue Acadie à Sherbrooke.

 

NOUS VOULONS PLUS QU’UNE RÉFORMETTE
Nous VALONS PLUS QUE DES MIETTES

 

 

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