Les paris sont ouverts…

1 juin 2003

Loi sur les normes du travail

Nos pires appréhensions semblent vouloir se concrétiser.

Durant la dernière campagne électorale, le Parti libéral était plutôt discret sur des mesures efficaces concernant l’emploi pour les travailleuses et les travailleurs du Québec. Au contraire, il prônait la déréglementation pour avoir davantage de souplesse et de flexibilité et flirtait ouvertement avec le patronat…

Ce discours nous inquiétait grandement. Le rapport Bernier, déposé en février dernier à l’Assemblée nationale, démontrait clairement que les travailleuses et les travailleurs du Québec sont aux prises avec une augmentation de l’emploi atypique. Cette triste réalité entraîne la précari­sation des emplois, l’érosion de la protection et des droits des travailleuses et travailleurs, des conditions de travail difficiles et des salaires à la baisse. Selon les membres du comité Bernier, des correctifs doivent être apportés rapidement pour contrer cette situation qui favorise la disparité de traitement ainsi que pour protéger adéquatement la population active.

À peine un mois après avoir été élu, le nouveau gouvernement libéral va de l’avant et annonce tour à tour son intention de revoir l’article 45 du Code du travail concernant la sous-traitance et son intention d’abolir la modification apportée à la Loi sur les normes du travail concernant l’appli­cation du salaire minimum pour les travailleuses et les travailleurs agricoles.

Le projet de Loi 143

Rappelons que la Loi sur les normes du travail a fait l’objet d’une vaste consultation publique le printemps dernier et d’une commission parlemen­taire à l’automne pour finalement être adoptée UNANIMEMENT le 19 décembre dernier par tous les partis de l’Assemblée nationale…

Les groupes de promotion et de défense des droits des travailleuses et des travailleurs et les syndicats étaient satisfaits de voir cette loi désuète de plus de 23 ans faire l’objet de modifications importantes.

7,30 $ pour toutes et tous…

Le milieu patronal avait poussé des hauts cris et crié à l’injustice. Pour sa part, la Fédération des producteurs maraîchers du Québec avait réagi farouchement à l’annonce du versement du taux horaire du salaire minimum pour tous les cueilleurs et cueilleuses de fruits et légumes et avait parlé d’ énormes pertes de revenus voir même de faillite (du déjà entendu…) L’argument des employeurs était à l’effet que beaucoup de leur personnel a moins de 16 ans et que ce personnel n’est pas aussi rapide que leurs autres employés et employées plus expérimentées.

Le ministre du Travail de l’époque, Monsieur Jean Rochon, avait blâmé l’attitude des entre­preneurs et leur avait signifié que rien ne les empêchait d’embaucher des cueilleuses et des cueilleurs plus expérimentés et donc, plus rentables… Monsieur Rochon avait lancé un message ferme, pas question de discrimination et de disparité de traitement en fonction de l’âge. Pas question de verser des salaires moindres que ceux prévus par la loi

Voilà qu’ un autre parti s’amène au pouvoir et semble céder au lobbying du patronat. Qu’arrivera-t-il au rapport Bernier et aux autres modifications prévues à la Loi sur les normes du travail qui doivent entrer en vigueur graduelle­ment et qui irritent les entrepreneurs (harcèle­ment psychologique, protection accrue en maintien à domicile de personnes, etc) ? Le patronat aura-t-il le dernier mot ou le gouver­nement libéral saura-t-il mettre ses culottes et défendre la population ? Les paris sont ouverts…

Dernière heure :

Le ministre du Travail Michel Desprès a décrété que les cueilleuses et les cueilleurs de fruits et de légumes risquent de ne pas toucher le salaire minimun… Ils continueront donc à être rémunérer au rendement.

 

 

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