CECI est la chanson officielle des compagnies œuvrant dans le merveilleux monde du télémarketing ! À l’emploi d’une de ses compagnies depuis plus d’un an, je commence à identifier quelques symptômes typiques du « télémarketien ».
D’abord, la sonnerie du téléphone qui devient maintenant quelque chose d’angoissant, voire de dérangeant. Et si c’était justement une personne désirant me vendre un cellulaire ou un purificateur d’air ! Si c’est pour un sondage, ça passe toujours, encore faut-il que la diction de la personne soit compréhensible et que le son de sa voix semble sympathique… ce qui n’est pas évident.
Ne jamais laisser de messages
De mon côté, lorsque je téléphone à quelqu’un (en dehors de la centrale téléphonique), je ne peux que difficilement accepter le répondeur. Je m’explique : dans le cadre d’un emploi en sollicitation téléphonique, la consigne est de ne JAMAIS laisser de messages. Si vous n’avez pas d’afficheur et que vous vous retrouvez avec plusieurs « messages blancs » (silence) sur votre répondeur de façon sporadique, ne vous inquiétez pas trop car il y a une chance que ce soit un solliciteur qui tente de vous rejoindre ! En effet, à chaque fois que nous n’arrivons pas à vous rejoindre, le système informatique enregistre ce qui a été coché par l’employé (répondeur) et, de manière ultime, quelqu’un d’autre aura à vous rappeler le soir même ou un autre soir. Bien sûr, après un certain nombre de tentatives, les bases de données informatisées, usées, sont remplacées par d’autres avec de nouveaux noms.
On pourrait parler longuement des autres symptômes courants chez les « télémarketiens » mais l’espace nous manque. Un dernier exemple : comme votre horaire de travail peut s’étaler sur sept jours, après dix, vous commencez à vous sentir assez abruti merci… et vous aimeriez bien vous reposer du téléphone, des écouteurs sur vos oreilles, des sonneries, etc.
Des hauts et des bas
Quel est l’aspect le plus agréable dans ce travail ? Les formations où on n’a qu’à écouter les explications du patron dans une atmosphère détendue, avec blagues en prime. Quels sont les côtés vraiment désagréables ? L’irrégularité de votre travail et l’obligation de donner des disponibilités qui ne seront pas nécessairement respectées pour cause de fin de contrat. On coupe vos heures et, mi-heureux parce qu’aucun appel à faire pour quelques jours et mi-déçu parce qu’il faut payer le logement et les comptes. Vous retournez chez vous… et vous ne réclamez pas 200 $. C’est donc un retour à la case départ en attendant le prochain contrat !
En terminant, saviez-vous qu’il existe une région en Norvège qui a pour nom inusité Télémark ? Ce n’est pas une blague car je l’ai appris en feuilletant Nous partons pour la Norvège, de Régis Boyer, spécialiste du monde scandinave. Je me demande bien comment on appelle les gens vivant dans cette région… les « Télémarketiens », peut-être ?



