Reporters sans frontières
Alors que plus d’un tiers de la population mondiale vit dans un pays où il n’existe aucune liberté de la presse, Reporters sans frontières œuvre au quotidien pour que l’information reprenne ses droits. En 2001, 31 professionnels des médias ont perdu la vie alors qu’ils travaillaient pour nous informer. Actuellement, plus de 120 journalistes sont emprisonnés dans le monde pour avoir simplement voulu exercer leur métier. Au Népal, en Érythrée ou en Chine, un journaliste peut passer plusieurs années en prison pour un mot ou une photo. Parce qu’emprisonner ou tuer un journaliste, c’est éliminer un témoin essentiel et menacer le droit de chacun à l’information, Reporters sans frontières mène son combat depuis plus de 17 ans.
Alertée par son réseau de plus de cent correspondants, Reporters sans frontières dénonce les violations de la liberté de la presse dans le monde en informant les médias et l’opinion publique par des communiqués de presse et des campagnes de sensibilisation.
L’association défend les journalistes, collaborateurs et professionnels des médias emprisonnés ou persécutés pour leur activité professionnelle. Elle dénonce les mauvais traitements et la torture qui sont encore des pratiques courantes dans de nombreux États. L’organisation soutient les journalistes menacés dans leur pays et aide les familles privées de ressources. Reporters sans frontières lutte pour faire reculer la censure et combat les lois visant à restreindre la liberté de la presse. L’association agit également pour améliorer la sécurité des journalistes, notamment dans les zones de conflit. Elle s’engage dans la reconstruction des médias et le soutien financier et matériel des rédactions mises en difficulté.
Enfin, Reporters sans frontières s’est dotée, en janvier 2002, d’un bras judiciaire en créant le réseau Damoclès. Pour que les assassins ou les tortionnaires de journalistes soient jugés, le réseau intervient aux côtés des victimes, devant les juridictions nationales et internationales compétentes, afin de mettre en œuvre les actions judiciaires appropriées.
Une organisation internationale
L’action de l’organisation est relayée sur les cinq continents grâce à ses sections nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Suède et Suisse) et ses bureaux à Abidjan, Bangkok, Buenos Aires, Istanbul, Montréal, Moscou, Nairobi, New York, Tokyo et Washington. Elle travaille en étroite collaboration avec des organisations locales ou régionales de défense de la liberté de la presse, membres du « Réseau Reporters sans frontières » , qui représentent l’Afghanistan, l’Argentine, le Bangladesh, la Birmanie, Cuba, l’Érythrée, Haïti, le Pérou, la République démocratique du Congo, la Russie, la Tunisie et l’Ukraine.
Trilingue (français, anglais, espagnol), le site de Reporters sans frontières recense quotidiennement les violations de la liberté de la presse dans le monde. Réactualisé plusieurs fois par jour, le site fonctionne comme une agence d’information sur la liberté de la presse. Il propose aux internautes de se mobiliser en faveur de la libération des journalistes emprisonnés en signant des pétitions. Pour contourner la censure, il présente des articles interdits dans leur pays d’origine, héberge des journaux qui ne peuvent être édités dans leur pays et donne la parole à des journalistes contraints au silence. Visité chaque mois par 35 à 45 000 personnes, i l présente également des dossiers complets sur des affaires de presse et un « baromètre » qui donne une synthèse des atteintes à la liberté de la presse au jour le jour.
Trois temps forts pour la liberté de la presse
Reporters sans frontière célèbre, le 3 mai de chaque année, la Journée internationale de la liberté de la presse, et publie, à cette occasion, un rapport complet sur la situation dans plus de 150 pays. L’association propose, par ailleurs, à des rédactions du monde entier de soutenir des journalistes emprisonnés grâce au « parrainage ». Une fois par an, la Journée des parrainages est l’occasion de briser le silence et de parler de la situation de ces journalistes, enfermés pour avoir voulu nous informer. L’association remet chaque année, le 10 décembre, le Prix Reporters sans frontières – Fondation de France à un journaliste qui s’est illustré dans la défense de la liberté de la presse dans son pays. Reporters sans frontières mène son combat quotidien grâce à la vente de deux magazines de photographies par an, grâce aux dons et au soutien de certaines institutions.




