Métro Dunant dans Ascot

La Tribune du 20 février dernier traitait d’une bien triste nouvelle : la fermeture du Métro Dunant dans le quartier d’Ascot, prévue pour le 31 mars prochain. Triste, parce que de nombreux travailleurs y perdront leur emploi ; qu’elle nécessitera pour eux une relocalisation dont tous ne pourront sans doute pas connaître ; que le quartier d’Ascot perdra un peu de son dynamisme ; que cette perte risque d’affecter les commerces avoisinants ; qu’une entreprise bien de chez nous, qui a vu le jour avant un grand nombre de ses clients actuels, s’apprête à tirer le rideau et qu’une fois de plus, c’est le petit qui perd au profit du gros.

Ce n’est pas le plus« grand » qui l’emporte. Simplement le plus « gros ». Car il n’y a rien de bien grandiose dans l’implantation massive et lourde de magasins à grande surface, principaux responsables de cette fermeture, entre autres. Rien que du gros­sier, de l’absurde, de l’aberrant.

C’est presque avec un sentiment d’impuissance ou d’indifférence que nous pourrions recevoir cette nouvelle. S’insérant dans une conjoncture qui semble de plus en plus précaire, cette fer­meture fait presque ordre de faits divers, d’une parmi tant d’autres car elle semble s’insérer dans la nature des choses, comme la neige en hiver. Pour­tant, cette nouvelle, comme toutes ses semblables, constitue une véritable tempête pour une multitude de citoyens et citoyennes qui perdent des commerces près de chez eux.

Pendant que des employés s’apprêtent à nettoyer une der­nière fois leurs habits avant de les déposer là où ils les ont pris il y a 20 ou 30 ans, pendant que des gens du quartier de­vront se résigner à se déplacer plus loin pour se nourrir, ces grosses entreprises continueront de glousser et de se faire une lutte féroce pour augmenter leur part du gâteau. Leurs action­naires y gagneront peut-être bien un petit quelque chose, et ce, malgré le fait qu’aucun d’entre eux, probablement, n’a la moindre idée où se situe Sherbrooke sur une carte !

Penser à freiner

Il est grand temps que la popu­lation québécoise, particuliè­rement la population sher­brookoise, mette un frein à ce désastre, à ce fiasco du néo­libéralisme. 11 est plus que temps d’affirmer que nous en avons assez de ces fermetures et du cynisme de ces entreprises qui nous gouvernent parfois plus que nos gouvernements. 11 est dangereux de générer d’aussi faramineux profits dans les mains d’aussi peu de gens. Les prix sont peut-être moins chers chez l’immense concur­rent mais celui-ci demeurera-t-il loyal envers ses clients (la population) lorsqu’il connaî­tra des problèmes d’approvi­sionnement ou de finances (lire ici : « générer des millions de profits qui ne seront pas assez pour eux »). Se penchera-t-il alors vers des coupes dans ses propres bastions ou vers une simple fermeture, appauvris­sant ainsi toujours et toujours plus la population ?

Le frein dans les mains

Malgré ce triste constat, nous avons une sacrée veine, à Sher­brooke ! Nous aurons l’occasion, le 6 mai prochain, d’exprimer notre mécontentement par l’entremise d’un référendum !

En effet, nous serons invités à nous prononcer sur un plan d’urbanisme que la Ville tente de nous imposer et qui offre peu pour redorer les quartiers les plus pauvres de la ville. Un plan d’urbanisme qui, nous le savons bien, portera une attention démesurée au plateau Saint-Joseph, au détriment des com­merces de proximité. Profi­tons de ce moment pour rap­peler à la Ville notre mécon­tentement… et nous permettre, pour une fois, à nous aussi, de glousser de rire.

 

 

 

 

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