À Madame Jane Stewart, ministre du Développement des Ressources Humaines
Le Programme Placement Carrière-Été (PCE), instauré par le gouvernement fédéral en 1996, a pour mission d’aider les étudiants et étudiantes à se préparer à leur entrée sur le marché du travail par le biais d’emplois d’été, ainsi que de leur fournir un revenu leur permettant de poursuivre leurs études. La Table Ronde des Organismes Volontaires d’Éducation Populaire de l’Estrie (TROVEPE) et l’Association Étudiante du Collège de Sherbrooke (AÉCS) se sont penchés sur ce dossier. Qu’en est-il au juste ?
Eh bien, nous constatons malheureusement que l’implication du gouvernement dans ce programme qui concerne pourtant l’avenir de notre société laisse pour le moins à désirer.
Situation alarmante
Tout d’abord, au plan salarial, bien que les étudiants fassent partis de la classe sociale la plus défavorisée, les mesures entourant les projets PCE n’offrent aux élèves que le salaire minimum (7,00 $/heure à l’été 2002) ! Ensuite, en ce qui a trait au nombre de semaines de travail, nous constatons qu’en Estrie, les élèves impliqués dans les projets PCE ne travaillent, en moyenne, que sur une période de moins de deux mois (7,2 semaines). La période estivale étudiante, selon le niveau d’études, ne s’étend-elle pas sur 8 à 16 semaines ? Toujours en Estrie, la TROVEPE et l’AÉCS se désolent face à la diminution des projets accordés, de la baisse du nombre de participantes et participants admis et de la contribution gouvernementale qui elle aussi est en chute. Bref, nombreux sont les aspects des projets PCE en Estrie qui nous semblent pour le moins alarmants.
Par ailleurs, le gouvernement fédéral semble avoir une conception biaisée de ce qu’est une personne aux études lorsqu’il émet la restriction que la clientèle admissible aux projets PCE doit être âgée entre 15 et 30 ans. N’y a-t-il pas des femmes et des hommes dans la trentaine, la quarantaine, voire la cinquantaine, qui tentent courageusement un retour aux études, et qui sont exclus d’un programme qui s’adressent pourtant à eux et à elles (des élèves comme tous les autres) et auquel ces adultes ont besoin.
Un programme indécent
Comment se fait-il que le Programme PCE n’offre pas davantage de conditions favorables aux étudiants et étudiantes ? Où est cette préoccupation envers l’avenir de notre jeunesse ? Est-il seulement possible d’oser prétendre que les projets PCE lui permettent d’avoir un revenu décent pour vivre adéquatement ? Comment concevoir qu’une personne qui travaille dans son domaine d’études pendant sept semaines à trente heures par semaine au salaire minimum peut survivre toute une année ? N’est-il pas temps que le gouvernement fédéral s’attarde un peu plus aux priorités économiques des individus pour qui chaque petit sou est compté ?
Face au désengagement progressif du gouvernement, la TROVEPE et l’AÉCS n’ont pas vraiment d’autre choix que de s’élever et de réclamer pour la population étudiante sur un projet PCE : 1) un salaire décent, soit 10,00 $/heure 2) des semaines de travail d’au moins 35 heures 3) des projets s’échelonnant sur au moins 10 semaines (dans la perspective où la personne est disponible) 4) aucune restriction en ce qui a trait à l’âge de l’étudiant et de l’étudiante. Peut-être trouvez-vous que dix dollars de l’heure est élevé ?
Par ailleurs, la TROVEPE et l’AÉCS recommandent que le gouvernement investisse davantage dans le programme qu’il a mis sur pied, et par conséquent, qu’il favorise une augmentation significative du nombre de projets accordés ainsi que du nombre d’élèves admis dans ces projets. Depuis le début de l’automne, la TROVEPE et l’AÉCS ont mis sur pied une campagne de sensibilisation populaire sur cette question.



