Augmentation du salaire minimum

 

Le gouvernement provincial a confirmé la rumeur d’avant les Fêtes pour une augmentation de 0,25 $ du taux horaire du salaire minimum applicable le 1er mai prochain. Quel beau cadeau de la part du premier ministre Jean Charest qui s’opposait à toutes les augmentations lorsqu’il était chef de l’opposition ! Ça commence à sentir l’opportunisme d’une campagne préélectorale ! Serait-il tout à coup sensible au sort des travailleuses et travailleurs pauvres, ou est-ce que son gouvernement a décidé de prendre des résolutions en ce début d’année 2007 ?

Nous ne pouvons pas être con­tre la vertu. L’annonce de cette hausse est tout de même mieux qu’un statu quo, comme nous l’avons déjà connu à quelques reprises. Cependant, nous som­mes loin des demandes des groupes de pression, des syn­dicats et du parti politique qui revendiquent un salaire qui se situe au-dessus du seuil de fai­ble revenu établi par Statistique Canada, ainsi que des correc­tifs notables demandés dans différents rapports accablants qui dénoncent la faiblesse du taux du salaire minimum.

Rapport accablants

Lors de la publication, de son rapport, le Comité des droits sociaux, économiques et cultu­rels de l’Organisation des Na­tions-Unies (ONU) a rendu son verdict sur les politiques de nos gouvernements en lien avec le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) auquel nos gouvernements ont adhéré. On y a dénoncé, entre autres, la fai­blesse du taux actuel du salaire en notant qu’il était inférieur au seuil de faible revenu. Le comité presse le gouvernement provincial d’adopter toutes les mesures nécessaires pour que le salaire minimum soit haussé partout de sorte que tous les tra­vailleurs et leur famille puissent jouir d’un niveau de vie décent. Le rapport social de la Ligue des droits et libertés (LDL) va dans le même sens concernant la pauvreté, l’emploi et le salaire minimum et les améliorations à apporter pour corriger la si­tuation. Le Forum régional sur le développement social de la Conférence des élus de Mon­tréal (où l’on retrouve la Cham­bre de commerce et d’autres élus socio-économiques) a pro­duit le document « Quand le travail n’empêche plus d’être pauvre », démontrant que 40 % des travailleurs et des travailleuses reçoivent un salaire sous le seuil de faible revenu. Tout ce monde ne peut être qualifié d’illuminé ou de « pelleteux de nuages » de gauche. Leur voix doit être entendue.

Politique de la peur

Bien sûr, le patronat, ou bien certains économistes et édito­rialistes, s’opposeront à toute hausse du taux du salaire mini­mum alléguant le départ de nombreuses entreprises et une faillite pour la province. Encore faut-il savoir qu’avec cette haus­se, nous sommes au niveau de l’Ontario, du Manitoba et de la Colombie-Britannique. Une récente étude de l’Institut économique de Montréal (IÉM) mentionne qu’un salaire plus élevé augmente l’exclusion et réduit l’emploi de « 2,5 % chez les adolescents » ! Le pro­blème est que l’on retrouve d’autres personnes que des adolescents au bas de l’échelle. On y retrouve des soutiens de famille, des familles monopa­rentales, des personnes immi­grantes et même des personnes ayant perdu un emploi bien ré­munéré et qui se retrouvent à occuper un nouvel emploi au salaire minimum.

L’augmentation des demandes de paniers de nourriture, des repas servis dans les soupes populaires et autres services de gestion de la pauvreté, nous dé­montre qu’il y a de plus en plus de travailleurs et de travailleuses qui s’appauvrissent. La charité et l’aide de la population n’a pas à se substituer à un revenu dé­cent garantissant sa pleine auto­nomie à une personne salariée.

Il est bon de se rappeler que le gouvernement du Québec a adopté une loi le contraignant à lutter contre la pauvreté et l’ex­clusion sociale. Des gestes réa­listes et concrets doivent être portés pour être conformes aux articles contenus dans cette loi. Il ne peut pas se cacher derrière son paravent de plan gouver­nemental en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclu­sion sociale avec les miettes qu’il a octroyées jusqu’ici…

 

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