Élections municipales
S’il est vrai qu’un vieil adage prétend que l’avenir appartient aux jeunes, certains iront jusqu’à croire que l’avenir commence dès demain ! Dans le cadre de la fièvre électorale qui frappe la plupart des municipalités du Québec en cet automne gris et pluvieux, un soleil nouveau pourrait briller prochainement à Sherbrooke. Et pour cause.
Le vent du changement balaie la scène politique alors que cinq candidats-conseillers sont issus d’une même famille : la jeunesse. Ce phénomène, unique et sans précédent à ma connaissance, méritait d’être souligné ; les jeunes prennent dès cet automne leur avenir en mains !
C’est dans cette conjoncture particulière que j’ai rencontré l’un de ces jeunes, Alexandre Lavallée, candidat dans l’arrondissement d’Ascot. Celui-ci a 27 ans, est originaire de Sherbrooke et, à 22 ans, a obtenu un DEP en cuisine. Il ne lui a fallu que peu de temps pour poursuivre ses études à l’université en service social. Titulaire d’un baccalauréat depuis plus d’un an, Alexandre est un militant connu des mondes communautaire et universitaire. Ses préoccupations se tournent inlassablement autour des questions de lutte à la pauvreté, à la précarité d’emploi, à la défense de droits, à l’éducation populaire autonome.
Ce simple portrait est assurément bien différent d’un conseiller qui, par exemple, serait avocat, baignant dans le milieu des affaires depuis « toujours », et présent dans la politique municipale depuis vingt ou vingt-cinq ans. S’il est vrai que l’expérience n’est pas la première carte de ces jeunes, qualifiés de loups, il faut aussi voir l’intérêt que ceux-ci portent à rajeunir un système qui est de plus en plus étranger à ses usagers : les citoyens et citoyennes !
L’idée pour Alexandre de se lancer en politique a mûri depuis un an. « Mon intérêt à œuvrer pour contrer la pauvreté, les injustices, et donner du pouvoir aux citoyens, s’allie parfaitement avec la politique municipale. » Conscientisé à l’urgence de s’attaquer aux problématiques existantes à Sherbrooke et dans son district, il juge important que la municipalité et ses arrondissements jouent un rôle plus actif dans ces domaines.
Qui détient le pouvoir ?
En fait, dans sa conception mais aussi celle de ce vent de jeunesse en général – je pense notamment à Sébastien Aubé, un autre jeune œuvrant dans le communautaire et candidat dans l’arrondissement du Mont-Bellevue – la démocratie participative fait partie de la structure de base du discours. Le désir de décentralisation du pouvoir vers les arrondissements est indispensable selon Alexandre, et c’est en ce sens qu’il compte « rajeunir » le système. « Il est vital de ramener le citoyen près du politique et de la démocratie participative. Mais actuellement, les citoyens ont-ils réellement un pouvoir de par leur voix ? » Hélas, bien peu pourraient répondre par l’affirmative. Hors, un conseiller d’arrondissement devrait s’assurer d’être un pont entre les citoyens et la Ville et de mettre en place les outils permettant aux gens de faire entendre leur voix. Voilà pourquoi il faut remodeler la structure. « Participation, proximité, consultation, représentation ». Et le tour est joué !
Culture, loisirs et services
Qui s’adonnera à lire les plates-formes de nos jeunes loups de la politique, seront surpris de la diversité et de la pertinence des idées élaborées ! Mais toujours, la juste place du citoyen est à l’honneur. Pour ne donner qu’un exemple, Alexandre aimerait bien créer dans le district d’Ascot une table de concertation portant sur la culture et les loisirs. Une première à ma connaissance dans les environs ! Et selon lui, davantage d’activités et services devraient être adressés aux familles à revenu modeste parce qu’il ne faut pas oublier que Sherbrooke est une ville relativement pauvre.
En fait, des idées, il en pleut, et les rivières en débordent, mais de toute façon, c’est aux gens d’exprimer leurs besoins et de faire entendre leur voix. Nous sommes maîtres du courant ! Mais cela commence par aller voter ! Le changement, c’est peut-être pour le 6 novembre prochain !



