Paul Martin ou Un mariage à l’américaine

1 janvier 2004

Depuis quelques semaines déjà, le Canada est sous la gouverne du 21e Premier Ministre de son histoire, M. Paul Martin. A la tête du Parti libéral depuis le 12 décembre dernier, Paul Martin réalise un rêve qui le hante depuis très longtemps : le pouvoir et la gouverne. Ainsi, en ce début de règne, notre Premier Ministre nous offre mille et une promesses nous permettant de rêvasser… Mais qu’est-ce que cela signifie réellement pour nous, citoyennes et citoyens ?

Commençons donc par le commencement, l’économie ! L’idéologie du libéralisme économique est évidemment la pierre angulaire du « nou­veau » Parti libéral. Rien de bien surprenant venant d’un ex-ministre des Finances. Le libre-marché aura donc toute son attention, tant au sein de l’ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain) que de la présumée ZLÉA (Zone de libre-échange des Amériques) à venir…

Cela indique que le porte-monnaie de l’État et derrière lui, celui de l’entreprise privée, seront les premiers impliqués et influencés par cette obses­sion. Les impacts (souvent de cours terme) de ces aliénations ne seront satisfaisants que pour une poignée de Canadiens et de Canadiennes. Mais pour la majorité, c’est une autre histoire… Rien ne laisse pré­sumer que l’écart entre les riches et les pauvres sera aminci dans les prochaines années.

Cela m’amène à traiter de ce vieux dossier poussiéreux qu’est la caisse de l’assurance-emploi… Aux gens victimes de ce vol outrageux dans lequel Paul Martin a bien sûr pataugé, le bel engagement de son nouvel ère est la diminution de 12 cents par 100 dollars des cotisations versées par l’employé ! Comme quoi le coffre déborde beaucoup trop, et qu’en même temps, les chômeurs et chômeuses sont déjà assez choyés comme ça !

L’aide internationale

Mais où iront donc les ren­trées d’argent de « notre ami » Paul Martin ? Ce dernier pro­met, entre autres, de financer à nouveau les grandes villes, la santé, les sciences, l’aide au tiers-monde… Tiens, cela me rappelle que l’Organisation des Nations unies (ONU) suggérait au Canada d’injecter au minimum 0,7 % de son produit intérieur brut (PIB) dans l’aide internationale. M. Martin, homme des finances canadiennes de la dernière dé­cennie, avait mis la contri­bution canadienne à 0.29 % ! ! ! Il sera important, à l’aube des élections fédérales, de prendre garde à cet homme « d’am­bition », car s’il emploie facile­ment un discours prometteur pour charmer son auditoire, il n’en demeure pas moins qu’il est lié de très près à des acteurs « pas très de gauche ».

L’environnement

En ce qui concerne l’envi­ronnement, nous savons tous (mis à part son affection pour les climats tropicaux) sa posi­tion à la fois molle et peu engageante envers le protocole de Kyoto (ou son application) ou encore celle concernant l’éti­quetage obligatoire des pro­duits avec OGM. Alors que cet enjeu devrait figurer en tête d’affiche de son programme, il demeure plutôt discret (frôlant la réticence) sur le sujet.

Le mariage gai

Et si nous jetons un œil sur l’éventuelle légalisation du mariage gai, nous constaterons qu’en ce début de gel bud­gétaire, le seul mariage visible est malheureusement celui de l’administration Martin avec celle de Bush. Toujours sous cette obsession économique, Paul Martin démontre un net penchant vers son « voisin de droite », alléché. pour l’instant, par des contrats privés faramineux en Irak ou quoi encore !

S’il est probable que certaines réformes sociales aient tout de même lieu au cours du prochain mandat libéral. influence états-unienne sur notre pays risque de freiner encore une fois les ardeurs des plus utopiques d’entre nous. Le gouvernement Martin en sera un de droite, s’enlisant encore un peu plus dans le néolibéralisme planétaire… Bonne année ! !

 

 

 

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