Nous y sommes, et en plein dedans. Les deux pieds dedans. Les yeux, les mains, les oreilles, les coudes, les genoux, les tripes, tout y passe. Sollicités plus que jamais, ensevelis de pancartes, martelés de slogans, enveloppés de promesses, gavés de statistiques et de sondages, c’est la parade de la vanité et du trompe-l’œil.
Cette année, les marmottes laissent la place aux coqs. Des coqs bien peu muselés. Tantôt, ils montrent leurs becs fins en coquetant innocemment aux côtés d’enfants ou de personnes âgées, tantôt, ils se fustigent entre eux en poussant des coquericos éclatants, devant un public sidéré ou indifférent. Mais un public qui détient un grand pouvoir, « leur » pouvoir. Qu’on se le dise, le printemps est bel et bien arrivé au Québec. Place au combat de chefs, aux discussions familiales houleuses, aux déchirements. Nous sommes en quête d’un nouveau dirigeant !
Classe B
Qu’on se le dise : quelconque poulailler (lire ici « grand parti politique ») qui en méprise un autre, méprise par conséquent tous les sympathisants de ce dit parti, et cela, c’est de l’arrogance inacceptable ; un grand coq (lire ici « grand chef de poulailler ») qui menace publiquement de faire ressortir au besoin le passé louche d’un coq ennemi, le fait déjà de par ses menaces, et cela, c’est ou faire preuve de bien peu d’élégance, ou prendre l’électorat pour de vulgaires poussins de classe B ! (ou les deux !). Qu’on se le dise : un grand coq qui prétend être à l’écoute de tous les Québécois et qui est en constant faux pas, a beaucoup trop d’oreilles à supporter pour ses frêles pattes, sans pour autant être dans les faits réellement à l’écoute de quiconque. Ce doit être cela un chef ? Est-ce le menu offert aux Québécois en 2007 ?
Mordre la poussière
Malheureusement, la population encore bernée au centre de ces assauts, va presque naturellement se ranger derrière l’un de ces guerriers affranchis. Alors que l’un scande que sa priorité est la santé et l’autre l’éducation, sinon la baisse d’impôts, ou encore la défense, nous sommes en train de déchirer nos lambeaux et de nous déchirer entre nous.
Mes priorités dans l’actuelle campagne sont : faire en sorte que nous anéantissions tout ce cynisme électoral ; sortir du noble rôle de représentants de l’État ces gens sans scrupule avides de pouvoir ; que tous les grands partis mordent un peu la poussière. De grâce, qu’on ne leur fasse pas cadeau d’une xième ultime chance sous le même vieux prétexte de vouloir nuire à notre « plus moins bon » candidat respectif. Que l’on vote jaune, vert, brun ou solidaire, qu’importe, en autant que nos trois grands coqs réalisent qu’à bafouer la population, ils s’affirment eux-mêmes comme étant indignes de la représenter.



