Il y a un an, le parti Rhinocéros (vous savez ce parti politique fédéral qui ridiculisait les élections) cessait d’exister. Cette nuit, j’ai rêvé que je discutais avec Jean Charest, député de Sherbrooke, de la mort de ce parti.
Moi : Jean, es-tu déçu que le parti Rhinocéros soit disparu ?
Jean C : Non ! Au contraire, on va maintenant… nous les politiciens, pouvoir reprendre notre place. Nous étions fatigués, tannés de nous faire voler nos plus belles idées par les rhinos. Je dis BRAVO ! Nous n’avons plus de concurrence.
Jean C : Certainement ! Le dernier candidat rhino dans Sherbrooke avait promis un festival du crime. J’y avais déjà pensé et je l’ai même réalisé… « Le Hell’s Festival ». De toute façon, nous sommes des centaines de rhinos au parlement fédéral. On peut se mettre en valeur par nous-mêmes.
Moi : Peux-tu me donner des exemples ?
Jean C : Certainement !
Moi : J’attends toujours tes exemples.
Jean C : Il y en a tellement, je dois faire un choix, te parler des plus connus. Tiens, il y a M. Hébert, celui qui a jeûné pour sauver le programme Katimavik.
Moi : …Katimavik… ?
Jean C : Tu sais les projets pour les jeunes… on leur donnait 1 $ par jour comme salaire. As-tu vu beaucoup de jeunes qui se sont mis à jeûner eux aussi pour l’appuyer ?
Moi : Non ! Ils le font à toutes les fins de mois. Ils ont l’habitude.
Jean C : Il y a aussi les histoires de thon avarié, de danseuse rencontrée par le ministre de la défense en Allemagne. Il y a aussi Mulroney qui signe des ententes avec Reagan. On lui donne tout, il nous donne rien. Ça c’est du rhino pur sang.
Moi : Oui, mais toi Jean, qu’est-ce que tu fais dans tout cela ?
Jean C : Moi, je fais confiance aux libéraux.
Moi : Pourquoi ?
Jean C : Ils s’organisent pour faire démissionner les ministres un après l’autre. Ça ne sera pas long que je vais me retrouver responsable d’un ministère. À ce moment-là, je vais leur prouver que je suis aussi compétent que mes prédécesseurs.
Moi : Quelles sont les réalisations dont tu es fier ?
Jean C : J’ai ramené le train de voyageurs à Sherbrooke, avec une amélioration importante… l’horaire flexible. Le train n’arrive pas toujours à la même heure. C’est pour briser la routine. J’avais promis d’améliorer le statut de la femme. C’est fait, j’ai amélioré le statut de mon épouse. Elle est avec moi sur toutes mes photos officielles (calendrier, carte de Noël, etc.). C’est rien ça, quand je serai célèbre, elle et mon enfant vont figurer avec moi sur ma statue.
Moi : Où en est rendu le projet de cartographie ?
Jean C : Là je suis fier de mon coup… on n’en parle pas souvent, on étire ça au maximum. On en reparlera juste avant les prochaines élections. Je dois te dire que la maquette du projet est déjà réalisée. Je te la montre.
On a pris un verre en admirant la maquette du projet de cartographie, version Jean Charest. C’est à ce moment-là qu’il m’a appris le slogan de la Chambre des communes (vous savez l’endroit où siègent les députés fédéraux).
« En politique la modération a bien mauvais goût. »
Je me suis réveillé le lendemain avec sur mon bureau 2 photos. Une de Jean Charest arborant fièrement un macaron rhinocéros (je peux vous la montrer si vous insistez). Sur l’autre, on voit la maquette de « son projet » de cartographie…




