Autobus et fusion municipale

1 août 2002

Heure de changement pour le transport en commun

Jusqu’à récemment cinq municipalités – Sherbrooke, Ascot, Lennoxville, Fleurimont et Rock Forest – contribuaient financièrement à la CMTS (Corporation métropolitaine de transport de Sherbrooke), selon des ententes particulières tenant compte du niveau de service. Depuis 1er janvier 2002, la nouvelle ville de Sherbrooke et la Société de transport de Sherbrooke (STS) (au lieu de la CMTS) sont officiellement en fonction. Quelles conséquences ces changements entraîneront-ils sur la situation du transport en commun à Sherbrooke ?

Des secteurs supplémentaires à desservir

Avec la fusion municipale, le territoire de la STS s’étend : les anciennes municipalités de Bromptonville, St-Élie d’Orford et Deauville sont des secteurs qui ne sont actuellement que peu ou pas desservis par le service d’autobus. Quels sont les besoins dans ces arrondisse­ments ?

Le service de transport adapté couvre le territoire entier de la nouvelle ville de Sher­brooke depuis le 1er janvier 2002. Mme France Croteau, du Regroupement des Usa­gers et Usagères du Trans­port Adapté du Sherbrooke Métropolitain (RUTASM), si­gnale que des usagers(ères) ont profité de ce changement positif. Qu’en sera-t-il du transport urbain régulier ?

La STS doit, selon la Loi sur les sociétés de transport en commun, desservir le terri­toire de la nouvelle ville de Sherbrooke. La définition de « desservir » n’est toutefois pas précisé par la Loi sur les sociétés de transport, donc il est difficile de déterminer quel sera le minimum. La STS elle-même doit composer avec cette imprécision dans la loi. Le Comité des utili­sateurs(trices) du transport en commun de Sherbrooke (cors) trouve néanmoins im­portant de « s’assurer que les citoyens de l’ensemble du territoire puissent avoir accès à une desserte de services équitable ».

Selon M. Bernard Sévigny, conseiller municipal dans l’arrondissement 5, les sec­teurs de Rock Forest, Deau­ville et St-Élie comportent beaucoup de quartiers en développement. Les jeunes représentent un public-cible du service d’autobus, notam­ment pour les cours du soir selon le conseiller du district 5.3, M. Serge Forest. Dans l’arrondissement 5, le mini­mum requis serait un service sur les grandes artères des différents districts (du centre communautaire de St-Élie à la rue Portland, par exemple). En offrant des trajets qui se rendent à l’université et au Carrefour de l’Estrie, les utilisateurs(trices) pourraient prendre des correspondances pour se rendre ailleurs dans Sherbrooke.

Le secteur de Bromptonville n’est pas du tout desservi actuellement, donc les rési­dents(tes) ont organisé leur vie autour d’autres moyens de transport, principalement la voiture. Le transport en commun pourrait tout de même être utile aux jeunes et aux personnes âgées qui ne conduisent pas, et à qui n’a pas les moyens d’acheter une voiture. Les trajets pourraient par exemple emprunter l’auto­route 55 vers le Carrefour et la route 143 vers le centre-ville.

Mme Huguette Dallaire, di­rectrice générale de la STS, explique que la population devra exprimer ses besoins de desserte. Des études et enquêtes permettront de dé­terminer le niveau de service requis, s’il y a lieu. Ces chan­gements s’inscrivent à moyen terme et seront inclus dans le plan stratégique de dévelop­pement que toutes les socié­tés de transport doivent produire au plus tard en décembre 2003. Ce plan pré­cise les objectifs de la soc­iété, les priorités et les résul­tats attendus sur une période de dix ans. Bien sûr, une hausse de service nécessitera une augmentation équiva­lente du financement. Autre­ment, ce sont les usagers(ères) qui payeront la note.

 

 

____________

Gestion globale… ou par arrondissement ?

M. Bernard Sévigny, conseiller dans l’arrondissement 5, croit que le regroupement aura l’avantage de « permettre une gestion intégrée du territoire ». Le CUTS aussi défend l’importance de « considérer l’ensemble du territoire de la ville comme une entité globale ». Mme Dallaire confirme que la gestion ne sera pas pensée en fonction les arrondissements.

Sur le conseil d’administra­tion, on trouve des élus municipaux des arrondisse­ments 2, 4, 5 et 6. Seuls les secteurs de Bromptonville et de Lennoxville ne sont pas représentés par des élus siégeant au c.a.

La Ville n’avait pas l’obliga­tion de s’assurer d’une repré­sentativité de tout le terri­toire, mais peut-être que cet aspect a été pris en compte lors de la désignation des élus qui siègent sur le conseil.

L’avenir dira s’il y a lieu de désigner des représentants d’arrondissements ou tout autre moyen de s’assurer de l’équité du service dans les différents secteurs.

 

____________

Saviez-vous que…

Dans le rapport du comité de transition de la ville de Sherbrooke, une résolution demandait « au ministre des Transports de dissoudre la Corporation métropolitaine de transport et de transférer les responsabilités relatives au transport en commun à la Ville nouvelle de Sherbrooke ». Cette suggestion a été refusée ; la CMTS est plutôt devenue une société de transport, comme dans d’autres régions du Québec où l’on trouve un service de transport public.

Le comité de transition s’est aussi penché sur la question de « l’harmonisation de l’offre de service à la grandeur du territoire et la desserte d’une nouvelle clientèle hors du territoire de la Société de transport ». Le rapport n’indique malheureusement pas l’issue des démarches et des rencontres que ces questions ont suscitées.

____________

Le transport est un droit, non un privilège

« Chacun doit pouvoir avoir accès à son emploi, à l’éducation et aux loisirs. Le développement du transport public est indispensable
pour offrir à tous l’accessibilité aux activités urbaines tout en respectant la qualité de l’environnement. »

Union internationale des transports publics, Protocole de Toronto, 27 mai 1999.

 

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon