Avec le temps, l’information diffère-t-elle ?

1 septembre 2002

Il y a un an, les États-Unis étaient frappés par une série d’attentats qui allait changer, selon certains, le cour de l’Histoire. Les événements ont fait la manchette de tous les médias de la planète. Un an plus tard, pouvons-nous affir­mer que nous saisissons un peu mieux les causes associées à ces actes ? Est-ce que la surenchère d’information qui nous fut présentée par les médias a contribué à en com­prendre davantage sur « l’autre » ? Il est permis d’en douter.

Réactions médiatiques

Deux tendances ont, semble-t-il, dominé au lendemain des attentats. D’un côté, les médias américains qui ont dans une large part embrassé les positions de leur gouverne­ment et de l’autre, les médias européens qui ont ques­tionné le pourquoi et le comment de tels actes. Il est inté­ressant de noter que ceux (journalistes) œuvrant aux États-Unis et qui osèrent s’élever contre les politiques gouvernementales, en défendant un point de vue considéré anti-american, ont perdu leur emploi. Bienvenue au pays de la liberté de presse… Au Québec, on pourrait affirmer que les grands quotidiens commerciaux ont adopté une position mitoyenne. Cette dernière fut particulièrement suivie par la télévision.

La télévision face à la radio

En effet, la télévision nous a présenté ad nauseam et sous bien des angles les avions percutant les tours jumelles. Elle a dépêché sur place une pléthore de journalistes. L’énor­mité de la tragédie se reflétait souvent dans le contenu des reportages. Ces derniers renfermaient, en plus de l’infor­mation, une forte charge émotive qui traduisait le désarroi des reporters. Le flot ininterrompu d’images ainsi que les analyses de spécialistes de tout acabit ne permirent sans doute pas aux téléspectateurs et téléspectatrices d’en saisir les causes profondes.

La radio, format oblige, a, au contraire de sa collègue, mul­tiplié les analyses et les entretiens avec moult spécialistes. On avait enfui le sentiment d’apprendre quelque chose. De plus, la variété et la provenance des points de vue ren­daient la compréhension des événements beaucoup plus limpide. On peut se demander à juste titre si le flot inces­sant d’images n’a pas contribuer à noyer l’information par rapport à la radio qui elle, se devait d’user davantage d’analyses, de commentaires et d’entrevues pour main­tenir l’intérêt de son auditoire.

Un an plus tard, journalistes et spécialistes sont venus s’agglutiner sur le lieu du drame. On représenta, commé­moration oblige, pour ainsi dire les mêmes images. Par contre, les propos des reporters, avec le recul, traduisaient bien la tristesse d’un pays meurtri, mais en toile de fond, résonnait le discours guerrier du président américain.

 

 

 

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