C’est plus long mais c’est plus démocratique, à mon avis ! La vraie démocratie demande naturellement plus de temps. Il faut consulter réellement et davantage. Pour ce faire, nous devons inviter les gens à participer aux décisions. Il est souvent question du manque d’intérêt de la population dans plusieurs domaines. Le manque d’implication s’étend jusqu’au geste d’aller voter quelques fois au cours des ans.
Mise à part la fourberie, la trahison ou l’incompétence constatées dans le milieu politique, y aurait-il une autre cause à ce désintéressement ? L’accessibilité aux informations justes me semble être un facteur important pour comprendre différents sujets.
La vulgarisation des termes est indispensable. En effet, il n’est pas donné à tous et à toutes la facilité d’exprimer, dans un langage simple, les informations nécessaires. Il faudrait donc prendre le temps de changer notre façon de nous adresser aux autres et à un rythme permettant une compréhension suffisante. Trop souvent, les sujets à connaître sont traités comme étant adressés à un public spécialisé dans différents domaines.
Pour ce qui est des femmes, on les invite et les attend depuis longtemps. Je crois que si l’on s’adressait encore plus directement à elles en prenant la peine de féminiser les termes et les accords, elles se sentiraient plus concernées. Ce serait probablement plus long en parole et en écriture mais pas nécessairement beaucoup plus lent. C’est un apprentissage possible puisque je le fais. En parole, j’avoue que c’est ardu. Le réflexe des vieilles habitudes est fort. Toutefois, c’est plus facile par l’écriture et c’est une très bonne pratique aidant à la parole.
Depuis l’enfance, les dialogues et les discours se disent au masculin dès qu’il s’agit des deux sexes. C’est tellement ancré que nous le faisons parfois et même souvent entre femmes. Par exemple, une femme dirait facilement à une autre :
« Tout va tellement vite de nos jours ; on devient fou ».
Imaginons un groupe composé de plusieurs femmes et d’un homme.
Allons-nous féminiser l’échange au complet comme s’il n’y avait pas d’homme présent ? J’en serais très surprise. Par contre, allons-nous tout masculiniser ? J’en serais moins surprise. Comme je le mentionnais plus haut, nous le faisons souvent entre femmes.
Place à la dualité !
La langue française possède, paraît-il, l’avantage de permettre une grande précision par ces multiples nuances. À mon avis, elle accentue par contre une dualité, soit un tiraillement parfois entre le féminin et le masculin. Nous pouvons améliorer la situation en transformant nos habitudes d’expression. Les femmes tant attendues entendront mieux et avanceront probablement enfin. Cet exercice nous ralentirait peut-être mais la démocratie s’en porterait mieux. L’information en général suivrait un rythme nous rendant ainsi les divers champs de réflexion et d’action accessibles. Protéger la langue française ? Oui et aussi améliorée pour une plusss vraie démocratie ! À mon avis !
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Pouvoir… ensemble
Le document de référence et d’animation Pouvoir… ensemble illustre l’effervescence des dizaines de projets qui fleurissent partout au Québec pour inciter les femmes à investir la politique municipale. L’ouvrage est le fruit d’une collaboration entre le Centre-Femmes La Jardilec, de Saint-Jean-Port-Joli, et la Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes de l’Université Laval. « Même si la loi garantit le droit de vote et l’égalité des femmes et des hommes, c’est encore la tradition masculine qui définit les pratiques dans le monde de la politique », rappelle Pierrette Bouchard, titulaire de la Chaire. À preuve : « Dans 139 pays répertoriés par l’Union inter-parlementaire, les hommes représentent encore 85 96 des élus. » (418) 598-9677
Source : La Gazette des femmes. Janvier-février 2005 Vol. 26, n° 4



