Féminisation et Démocratie

1 mars 2006

C’est plus long mais c’est plus démocratique, à mon avis ! La vraie démocratie demande naturelle­ment plus de temps. Il faut consulter réellement et davantage. Pour ce faire, nous devons inviter les gens à participer aux décisions. Il est souvent question du manque d’intérêt de la population dans plusieurs domaines. Le manque d’implication s’étend jusqu’au geste d’aller voter quelques fois au cours des ans.

Mise à part la fourberie, la tra­hison ou l’incompétence cons­tatées dans le milieu politique, y aurait-il une autre cause à ce désintéressement ? L’accessibi­lité aux informations justes me semble être un facteur impor­tant pour comprendre diffé­rents sujets.

La vulgarisation des termes est indispensable. En effet, il n’est pas donné à tous et à toutes la facilité d’exprimer, dans un lan­gage simple, les informations nécessaires. Il faudrait donc prendre le temps de changer notre façon de nous adresser aux autres et à un rythme per­mettant une compréhension suffisante. Trop souvent, les sujets à connaître sont traités comme étant adressés à un public spécialisé dans diffé­rents domaines.

Pour ce qui est des femmes, on les invite et les attend depuis longtemps. Je crois que si l’on s’adressait encore plus direc­tement à elles en prenant la peine de féminiser les termes et les accords, elles se sentiraient plus concer­nées. Ce serait probablement plus long en parole et en écriture mais pas nécessaire­ment beaucoup plus lent. C’est un apprentissage possible puisque je le fais. En parole, j’avoue que c’est ardu. Le réflexe des vieilles habitudes est fort. Toutefois, c’est plus facile par l’écri­ture et c’est une très bonne pratique aidant à la parole.

Depuis l’enfance, les dialogues et les discours se disent au masculin dès qu’il s’agit des deux sexes. C’est tellement ancré que nous le faisons parfois et même souvent entre femmes. Par exemple, une femme dirait facilement à une autre :
« Tout va tellement vite de nos jours ; on devient fou ».
Imaginons un groupe composé de plusieurs femmes et d’un homme.
Allons-nous féminiser l’échange au complet comme s’il n’y avait pas d’homme présent ? J’en serais très surprise. Par contre, allons-nous tout masculiniser ? J’en serais moins surprise. Comme je le mention­nais plus haut, nous le faisons souvent entre femmes.

Place à la dualité !

La langue française possède, paraît-il, l’avantage de per­mettre une grande précision par ces multiples nuances. À mon avis, elle accentue par contre une dualité, soit un ti­raillement parfois entre le fé­minin et le masculin. Nous pouvons améliorer la situation en transformant nos habitu­des d’expression. Les femmes tant attendues entendront mieux et avanceront probable­ment enfin. Cet exercice nous ralentirait peut-être mais la démocratie s’en porterait mieux. L’information en gé­néral suivrait un rythme nous rendant ainsi les divers champs de réflexion et d’action acces­sibles. Protéger la langue fran­çaise ? Oui et aussi améliorée pour une plusss vraie démocra­tie ! À mon avis !

 

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Pouvoir… ensemble

Le document de référence et d’animation Pouvoir… ensemble illustre l’effervescence des dizaines de projets qui fleurissent par­tout au Québec pour inciter les femmes à investir la politique municipale. L’ouvrage est le fruit d’une collaboration entre le Centre-Femmes La Jardilec, de Saint-Jean-Port-Joli, et la Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes de l’Université Laval. « Même si la loi garantit le droit de vote et l’égalité des femmes et des hommes, c’est encore la tradition masculine qui définit les pratiques dans le monde de la politi­que », rappelle Pierrette Bouchard, titulaire de la Chaire. À preuve : « Dans 139 pays répertoriés par l’Union inter-parlementaire, les hommes représentent encore 85 96 des élus. » (418) 598-9677

Source : La Gazette des femmes. Janvier-février 2005 Vol. 26, n° 4

 

 

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