CHOISIR SA POLYVALENTE !

15 février 1986

Choisir sa polyvalente… Et oui ! Il est maintenant possible pour un jeune ou ses parents de choisir son école secondaire. À la condition qu’ils assument les frais de transport s’ils ne choisissent pas l’école de leur quar­tier.

Verra-t-on dès l’automne ’86 des centaines de jeunes changer d’école insatisfaits de ce qu’of­fre la polyvalente de leur coin ?

Quelles seront les consé­quences pour une polyvalente qui verrait baisser sa clientèle étudiante de 10, 15 ou 20 % ?

Moins d’élèves signifie au bout du compte… moins d’argent… moins d’enseignants… moins de services. Aucune direction d’école n’est intéressée à vivre cette situation. Chaque polyvalente essaie donc de conserver sa clientèle.

Les écoles Le Phare et LeBer ont depuis quelques années mau­vaise réputation. Qui n’a pas en­tendu de commentaires négatifs sur ces deux institutions scolaires récemment ?

Faites vos jeux…

Il vous est sûrement déjà arrivé de choisir dans l’horaire de télé­vision un film pour occuper une longue soirée d’hiver. On lit les descriptions et finalement notre choix se fait de la façon suivante : Je regarde « L’As de pique », ça a l’air bon. » Ou de vous retrouver devant un kiosque à journaux et de choisir tel ou tel journal en vous disant encore une fois : « Ça l’air bon. »

Il arrive très souvent que l’on fasse des choix en se basant sur une image, sur « c’que ça a l’air ». Les directions d’écoles secon­daires l’ont bien compris. Cha­cune à sa façon cherche à amélio­rer son image.

On se souviendra de ce qui est arrivé l’automne dernier à la po­lyvalente LeBer. La direction de l’école adoptait un règlement in­terdisant le port de vêtements « porteurs de symboles de vio­lence et d’agressivité ». Les rockeurs ne sont plus visibles…

À cette époque le directeur af­firmait que l’école était interve­nue en ce sens pour remettre au pas une minorité qui donnait mauvaise réputation à l’école et pour diminuer le climat d’agres­sivité dans l’institution.

Chaque polyvalente a sa petite recette pour se donner bonne ré­putation. À Le Phare, l’accent est mis sur l’organisation d’activités et sur une discipline corsée… garder le contrôle de sa classe.

Au Triolet, on a choisi un fonctionnement calqué sur le système scolaire privé; discipline, activités diversifiées, présence dans le milieu. On a qu’à penser à l’exposition organisée par cette polyvalente le printemps dernier au Carrefour de l’Estrie.

Ces changements dans nos po­lyvalentes assurent-elles une meilleure éducation, une bonne qualité de vie aux jeunes ? L’é­cole devient-elle plus vivante, plus dynamique et respectueuse parce que l’on enlève aux rockeurs leurs t-shirts ?

Il est difficile de pénétrer dans les coulisses d’une polyvalente. Si on ouvre bien grandes les oreilles, on réussit à capter suffi­samment d’information nous per­mettant de cerner une autre réa­lité… différente de l’image.

Un exemple

Depuis 2 ans, les écoles secon­daires doivent administrer elles-même le budget de remplacement des enseignant-e-s malades. On accorde à chaque institution un montant global à cet effet. Donc, c’est elle qui paie les suppléant-e-s.

L’an passé Le Triolet a enre­gistré à ce niveau un déficit im­portant (plus de $15,000). Cette année on serre la ceinture. C’est ce qui fait que depuis le retour des élèves en janvier, on ne remplace plus les enseignant-e-s absents sauf pour les classes difficiles.

Que fait-on avec les autres classes ?

Solution simple

On envoie les élèves « passer le temps » à la place publique (ce qu’on appelait la salle de récréa­tion). Pendant la semaine du 12 janvier, il y aurait eu durant la même période de cours plus de 250 jeunes à la place publique. Combien seront-ils à la fin-février ?

Faites vos jeux… rien ne va plus !

Les 6, 7 et 8 février dernier Le Triolet présentait pour la deuxième année consécutive au Carrefour de l’Estrie son exposi­tion/promotion. Pour ceux et celles qui ont eu l’occasion de s’y rendre, j’espère qu’on y avait aménagé une place publique… Pourquoi ?

Histoire de mieux connaître ce nouvel « outil pédagogique »… ou pour aller… passer le temps.

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