Choisir sa polyvalente… Et oui ! Il est maintenant possible pour un jeune ou ses parents de choisir son école secondaire. À la condition qu’ils assument les frais de transport s’ils ne choisissent pas l’école de leur quartier.
Verra-t-on dès l’automne ’86 des centaines de jeunes changer d’école insatisfaits de ce qu’offre la polyvalente de leur coin ?
Quelles seront les conséquences pour une polyvalente qui verrait baisser sa clientèle étudiante de 10, 15 ou 20 % ?
Moins d’élèves signifie au bout du compte… moins d’argent… moins d’enseignants… moins de services. Aucune direction d’école n’est intéressée à vivre cette situation. Chaque polyvalente essaie donc de conserver sa clientèle.
Les écoles Le Phare et LeBer ont depuis quelques années mauvaise réputation. Qui n’a pas entendu de commentaires négatifs sur ces deux institutions scolaires récemment ?
Faites vos jeux…
Il vous est sûrement déjà arrivé de choisir dans l’horaire de télévision un film pour occuper une longue soirée d’hiver. On lit les descriptions et finalement notre choix se fait de la façon suivante : Je regarde « L’As de pique », ça a l’air bon. » Ou de vous retrouver devant un kiosque à journaux et de choisir tel ou tel journal en vous disant encore une fois : « Ça l’air bon. »
Il arrive très souvent que l’on fasse des choix en se basant sur une image, sur « c’que ça a l’air ». Les directions d’écoles secondaires l’ont bien compris. Chacune à sa façon cherche à améliorer son image.
On se souviendra de ce qui est arrivé l’automne dernier à la polyvalente LeBer. La direction de l’école adoptait un règlement interdisant le port de vêtements « porteurs de symboles de violence et d’agressivité ». Les rockeurs ne sont plus visibles…
À cette époque le directeur affirmait que l’école était intervenue en ce sens pour remettre au pas une minorité qui donnait mauvaise réputation à l’école et pour diminuer le climat d’agressivité dans l’institution.
Chaque polyvalente a sa petite recette pour se donner bonne réputation. À Le Phare, l’accent est mis sur l’organisation d’activités et sur une discipline corsée… garder le contrôle de sa classe.
Au Triolet, on a choisi un fonctionnement calqué sur le système scolaire privé; discipline, activités diversifiées, présence dans le milieu. On a qu’à penser à l’exposition organisée par cette polyvalente le printemps dernier au Carrefour de l’Estrie.
Ces changements dans nos polyvalentes assurent-elles une meilleure éducation, une bonne qualité de vie aux jeunes ? L’école devient-elle plus vivante, plus dynamique et respectueuse parce que l’on enlève aux rockeurs leurs t-shirts ?
Il est difficile de pénétrer dans les coulisses d’une polyvalente. Si on ouvre bien grandes les oreilles, on réussit à capter suffisamment d’information nous permettant de cerner une autre réalité… différente de l’image.
Un exemple
Depuis 2 ans, les écoles secondaires doivent administrer elles-même le budget de remplacement des enseignant-e-s malades. On accorde à chaque institution un montant global à cet effet. Donc, c’est elle qui paie les suppléant-e-s.
L’an passé Le Triolet a enregistré à ce niveau un déficit important (plus de $15,000). Cette année on serre la ceinture. C’est ce qui fait que depuis le retour des élèves en janvier, on ne remplace plus les enseignant-e-s absents sauf pour les classes difficiles.
Que fait-on avec les autres classes ?
Solution simple
On envoie les élèves « passer le temps » à la place publique (ce qu’on appelait la salle de récréation). Pendant la semaine du 12 janvier, il y aurait eu durant la même période de cours plus de 250 jeunes à la place publique. Combien seront-ils à la fin-février ?
Faites vos jeux… rien ne va plus !
Les 6, 7 et 8 février dernier Le Triolet présentait pour la deuxième année consécutive au Carrefour de l’Estrie son exposition/promotion. Pour ceux et celles qui ont eu l’occasion de s’y rendre, j’espère qu’on y avait aménagé une place publique… Pourquoi ?
Histoire de mieux connaître ce nouvel « outil pédagogique »… ou pour aller… passer le temps.




