Quitter son emploi : une menace d’exclusion
Les gens sont-ils réellement menacés d’exclusion ? C’est ce que Développement des ressources humaines du Canada espère nous faire croire. Une menace a toujours le même but : dissuader l’autre de poser un geste quelconque. Pourtant, il est tout à fait correct de quitter un emploi lorsque les circonstances le justifient.
Perte du droit aux prestations
Depuis 1993, DRHC impose, à titre de pénalité, la perte du droit aux prestations pour les personnes réputées avoir quitté leur emploi sans justification. Cette menace réussit-elle à faire peur ? Dans les faits, bien des gens tolèrent des conditions de travail inadéquates par crainte de se retrouver sans revenu. Les employeurs ont compris tout le pouvoir de cette menace légale et exigent davantage de leurs personnels employés sans trop craindre de les perdre.
Pourtant, des gens abandonnent encore leur emploi et les directives strictes du ministère les frappent de plein fouet. DRHC n’a pas de temps à perdre avec l’analyse des motifs de ces gens en particulier. Concrètement, dans la majorité des dossiers, le DRHC les exclut de leur droit aux prestations. Il ne faut surtout pas accepter cette décision. Malheureusement, nous évaluons qu’environ seulement deux personnes sur dix contestent ces décisions. C’est donc dire qu’en bafouant les principes de justice naturelle, DRHC gagne huit à neuf fois sur dix.
Nous incitons tout le monde à porter ces exclusions en appel car elles n’ont que très rarement raison d’être. En 1993, DRHC a publié une liste des 40 principaux motifs pouvant justifier le départ volontaire. Aujourd’hui, 14 de ces motifs sont intégrés au texte de la Loi. De son côté, la jurisprudence reconnaît un bien plus grand nombre de motifs. Dans plusieurs décisions des juges-arbitres en cette matière, il est dit qu’il faut tenir compte de toutes les circonstances afin de décider si le prestataire est justifié à avoir quitté son emploi. Certains juges précisent que même si chacune des circonstances prises individuellement n’est pas un motif reconnu, l’analyse de l’ensemble peut permettre de conclure que le départ constitue la seule solution raisonnable dans ce cas.
L’écoute au lieu de la menace
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut prendre le temps de questionner la personne qui a quitté son emploi afin de cerner l’ensemble des circonstances qui l’ont amenée à poser ce geste. C’est ce que devrait faire le personnel de DRHC mais il n’a pas ce temps.
Au MCCE, nous partons avec l’idée qu’une personne qui quitte son emploi a forcément une justification de le faire. Il suffit de poser les bonnes questions et de prendre le temps d’écouter attentivement cette personne. Nous opposons l’écoute à la menace, et ce avec succès.


