L’Estrie : Victime de disparités flagrantes

17 avril 2007

CHÔMAGE

Aujourd’hui, les travailleuses et les travailleurs ne sont plus pro­tégés par une loi nationale d’assurance-chômage. Le caractère universel de la Loi sur l’assurance-emploi n’existe réellement qu’au niveau des cotisations perçues sur nos salaires. Bien que nous payons toutes et tous le même pourcentage sur notre salaire, notre cou­verture en cas de chômage est loin d’être identique. C’est comme s’il y avait des dizaines de régimes différents d’assurance-chômage au Canada.

L’Estrie illustre parfaitement bien les disparités de traitement dont sont victimes les prestataires d’assurance-chômage. Actuel­lement, pour s’y qualifier, il faut 105 heures de travail de plus si l’on réside à Sherbrooke (665 heures) plutôt qu’à Magog ou East Angus (560 heures).

Des comparaisons

Il est intéressant de comparer le traitement réservé à Jean Sansnom », un Estrien sans-emploi, selon son lieu de résidence. Jean a été mis à pied le 30 mars 2007 après avoir travaillé 15 semaines à raison de 45 heures par semaine à 12 $ l’heure. Il a donc accumulé 675 heures d’emploi assurable et son salaire hebdoma­daire était de 570 $ (40 x 12 + 5 x 18).

Si Jean habitait Omerville, Magog ou East Angus, il toucherait des prestations de 314 $ par semaine pour une possibilité de 26 semaines payables en prestations régulières. Chaque semaine, il pourrait toucher des gains de travail de 126 S tout en recevant ses prestations de 314 5.

Par contre, s’il habitait Deauville, Sherbrooke ou Ascot-Corner, il toucherait des prestations de 224 S par semaine pour un maxi­mum de 15 semaines payables en prestations régulières. De plus, il ne pourrait toucher des gains de travail supérieurs à 56 5 par semaine sans voir ses prestations hebdomadaires amputées.

En conclusion, le lieu de résidence de Jean pourrait lui faire per­dre 90 $ par semaine et 11 semaines de prestations. Ses gains de travail admissibles passeraient de 40 % (126 5) à 25 % (56 5) de son taux de prestations hebdomadaires. Dans un cas, il pour­rait toucher jusqu’à 8 164 $ en prestations alors que dans l’autre, il toucherait au plus 3 360 S.

Un régime universel, ça presse

Peut-on croire qu’il s’agit là d’un seul et même régime d’assurance-chômage ? Blâmeriez-vous Jean s’il décidait, en déposant sa demande de prestations, de donner l’adresse de son frère qui réside à Magog ? Le ministère le fait sévèrement, en plus d’im­poser des pénalités financières. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement fédéral le retour à un régime UNIVERSEL d’assurance-chômage au Canada. Nous voulons un seul critère d’admissibilité, une seule méthode de calcul et des traitements équitables pour l’ensemble des sans-emploi.

Nous dénonçons depuis longtemps que seulement 40 % des sans-emploi touchent des prestations. Vous comprendrez que la réalité de ces 40 % de bans chômeurs privilégiés n’est pas si facile que l’on pourrait le croire. Outre les importantes disparités, attendre jus­qu’à six ou sept semaines avant de toucher ses premières prestations qui représentent, dans le meilleur des cas, un maigre 55 % de notre salaire habituel n’aide personne à rencontrer ses obligations financières et à boucler son budget personnel ou familial.

Alors que l’ensemble des organismes populaires et des syndicats demandent de revenir à un régime universel d’assurance-chômage, le gouvernement fédéral ne cesse de créer davantage de disparités via des normes variables et des projets pilotes régionaux et tempo­raires. Nous devons réagir avant que cette importante partie de notre filet de sécurité sociale ne ressemble aux routes du Québec à l’époque où le pavage et l’entretien ne se faisaient que dans les comtés qui avaient élu des députés du parti au pouvoir.

 

 

 

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