Un autobus en face de l’usine en guise d’abri temporaire. Des discussions calmes, animées ou enflammées mais absentes de la fumée normalement produite par la soudure quotidienne. Une baisse de revenu importante pour se battre pour ses conditions de vie, ses droits, son avenir plus sécure, pour sa dignité. Et dire qu’il existe encore des gens croyant que la grève « on fait ça pour le fun »…
En grève depuis le 4 juillet, les 475 travailleurs de l’usine de la Société d’ingénierie Combustion, située rue Roy à Sherbrooke, se battent principalement pour améliorer leur fonds de pension, le nombre de congés payés et leur salaire.
Le fonds de pension constitue sûrement un point de lutte important quand on sait que beaucoup de travailleurs et travailleuses, une fois à la retraite, se retrouvent sous ou près du seuil de pauvreté (49,6 % des personnes âgées vivant seules selon le Conseil national du Bien-être social). Pourtant, l’écart entre la demande syndicale (0,25 cents/heure) et l’offre patronale (0,05 cents/heure) demeure important.
Sur le plan salarial, les demandes se situent à 10 % la première année et 9 % la deuxième année. Cependant, la compagnie n’offre que 4,5 % et 4 % et ce, à la condition que les employés acceptent le statu quo concernant la retraite.
La compagnie et ses amis
Mais dans cette lutte, les travailleurs n’affrontent pas que la compagnie. Celle-ci a fait appel à une agence de sécurité privée pour la durée de la grève. Accompagnés de chiens, les agents de sécurité semblent prendre un malin plaisir à provoquer les grévistes. De plus, dans la nuit du 21-22 juillet, des billes d’acier furent lancées en direction des grévistes brisant ainsi une vitre de l’autobus servant d’abri. La vitre brisée se situe du côté de l’usine…
De plus, depuis le début du conflit, la police est intervenue à plusieurs reprises. Par exemple, le 17 août, une quarantaine de policiers ont servi d’escorte à 12 wagons pour sortir de la marchandise. Il semble aussi que les grévistes soient sous surveillance constante.
Dans la foulée de tarification de certains services (prix minimum) que semblent vouloir préconiser certaines personnes à l’Hôtel de Ville de Sherbrooke, on pourrait s’attendre à ce que la Combustion reçoive un compte pour toute cette protection. Mais non…
Le maire Pelletier (ancien directeur du service de police) a déclaré à un journal local qu’« il ne voyait pas comment la Ville pourrait exiger des frais de la Combustion si le service de police exerçait le rôle pour lequel il existe ». Voilà clairement exprimé le rôle véritable de la police ! Protection de l’ordre établi et plus particulièrement des compagnies à profit…
Mais, malgré ces différentes difficultés, les syndiqués du Local 1530 de l’Association internationale des machinistes, affiliés à la FTQ, conservent un, bon moral et une bonne organisation.
Nous invitons donc les gens et les organisations à exprimer leur solidarité aux grévistes en allant sur les lignes de piquetage, en envoyant des messages de solidarité etc.





