Coopérative d’habitation des grandes familles

17 avril 2007

Projet innovateur

Il n’est pas d’hier que la Ville de Sherbrooke accueille en son sein des personnes immigran­tes. Elle s’est même dotée, en mai 2004, de la première politique municipale en matière d’intégration au Québec. Récemment, d’autres communautés se sont ajoutées à une liste de pays déjà variée, modifiant le portrait des familles immigrantes dans notre ville. En effet, parmi les familles originaires du Congo (RDC), du Burundi, de la Colombie, du Togo, etc., il n’est pas rare de rencontrer des familles composées entre six et onze enfants. D’où la difficulté de trouver des logements suffisamment grands et adaptés à leurs besoins. Pour ce faire, quelques personnes, dont monsieur Malekesa Oboo, soutenues, entre autres, par la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie, ont élaboré le projet d’une coopéra­tive d’habitation des grandes familles.

Le contrôle des naissances et la place grandissante de la femme sur le marché du travail a fait en sorte que la famille québé­coise d’aujourd’hui compte entre deux et cinq membres. Par conséquent, les entrepreneurs d’immeubles locatifs ont suivi le courant et réduit le nombre de pièces dans les appartements. Voilà une des raisons pour les­quelles les nouvelles familles immigrantes qui viennent s’éta­blir ici depuis peu, éprouvent tant de difficulté à se loger convenablement. Face à. cette importante pénurie de vastes logements, elles ont manifesté leur inquiétude, puis passé à l’action. Bien qu’elles mettent beaucoup d’efforts pour une intégration qui soit des plus harmonieuses dans leur société d’accueil, elles demeurent préoccupées par la réussite de leurs enfants à l’école et dans la société en général.

Problèmes réels

Peu importe que les familles nombreuses soient d’ici ou d’ailleurs, les problèmes en­gendrés par des logements inappropriés sont multiples : a) surpeuplement des apparte­ments (dans la plupart des cas un 5 1/2 pour une famille de six à neuf personnes) b) état de santé affecté par l’étroitesse de l’appartement et de la proximité (cause de promiscuité) c) problème de voisinage à cause de va-et-vient pour faire les devoirs (lorsque dans l’obliga­tion d’occuper des logements connexes d) problème de voisi­nage à cause de va-et-vient des enfants (cause de bruit) e) dis­crimination des propriétaires selon le nombre d’enfants, de leurs âges et du fait que ces familles soient en général pres­tataires de l’aide sociale f) liste d’attente très longue afin d’ac­céder à un HLM. Il va sans dire qu’un tel contexte risque de les affecter psychologiquement.

Face à cette pénurie de vastes logements, les grandes familles immigrantes ont manifesté leur inquiétude, puis passé à l’action.

À moyen terme, les conséquen­ces peuvent être graves autant pour les adultes que pour les enfants : a) mauvais état de santé des occupants de ces apparte­ments qui se traduit par un far­deau pour la société b) réussite scolaire plus difficile avec des risques potentiels de délin­quance c) intégration dans la société d’accueil compromise.

Un comité provisoire a donc été mis en place composé de membres de grandes familles. Des or­ganismes d’accueil tels que le Service d’Aide aux Néo-Canadiens et le Service d’immigration de la Ville de Sherbrooke ont soutenu le projet afin d’en assurer sa réussite. Par ailleurs, l’Association des locataires de Sher­brooke l’a épaulé politi­quement. La coopérative des grandes familles et la Fédération des coopératives d’habitation de l’Estrie ont élaboré le projet, puis l’ont présenté à la Société d’habi­tation du Québec (SHQ) qui, par la suite, a autorisé la cons­truction de 24 logements. La Ville de Sherbrooke a accordé un terrain sur la rue Kingston. L’annonce officielle a été faite le 9 mars 2006 par l’ancienne ministre des Affaires munici­pales et de la famille, madame Nathalie Normandeau.

Le projet de 48 familles nom­breuses et plus comprendra trois modules de huit unités en rangée afin d’aider le mieux possible à recréer le mode de vie des familles immigrantes. La construction devrait débuter sous peu. Grâce à la ténacité de tous ces gens, principalement celle de Malekesa Oboo, ce rêve est devenu une réalité.

Source : OBOO, Malekesa.
Projet : Coopérative d’habitation des grandes familles (initiée par la base)

 

 

 

 

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