Démocratie, dites-vous ? ? ?

1 avril 2003

Les élections provinciales

Alors, remis des dernières élections provinciales ? ? ? Réjouis, déçus, en colère, indifférents ? ? ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les derniers six mois ont été nourris de rebondissements inattendus sur la scène politique provinciale ! ! !

Passant d’un appui, selon les sondages, d’environ 40 % pour l’ADQ au début d’automne, ce parti se retrouvait en tête de liste des intentions de vote en laissant derrière lui le PLQ et le PQ bon troisième. Au fil des différents sondages qui ont suivi, l’appui en constante progression au PQ en a surpris plusieurs, plaçant même le PQ bon premier dans les sondages et reléguant l’ADQ en troisième place ! ! ! Puis ce fut le tour au PLQ de pren­dre la première place dans les sondages les derniers jours de la campagne électorale…Et voilà que le verdict tombe le jour des élections : l’appui au PLQ de Jean Charest en étonne plusieurs puisqu’il atteint 45,9 % du vote et le PQ 33,2 % et l’ADQ 18,2 %.

Chute de la participation ! ! !

Premièrement, le faible taux de participation (70,49 %) est un des éléments les plus inquiétants de ces élections puisqu’il est un des plus faibles depuis les années 1930 au Québec ! ! ! En comparaison, le taux de participation a été de 8,6 % en 1994 et de 7,3 % en 1998. En clair, la diminution de 7,8 % du taux de par­ticipation par rapport 1998 signifie qu’environ 428 250 électeurs et électrices se sont ajouté-e-s aux personnes non votantes en 2003. Donc, plus de 1,620,000 personnes ne se sont pas présentées pour voter aux dernières élections ! ! !.

Soulignons au passage que, concrètement, le PLQ a été élu par seulement 32,37 % des personnes inscrites sur les listes électorales ! ! ! En effet, le PLQ a récolté 45,92 % des votes exprimés qui se situent à 70,49 % (45,92 % de 70,49 % = 32,37 %).

Évidemment, plusieurs hypothèses seront développées dans les prochains mois sur ce « phénomène », d’autant plus qu’avec les débats suscités par les idées mises de I ‘avant par l’ADQ, on aurait pu s’attendre à une participation plus élevée. Bien entendu, la couverture médiatique de la guerre en Irak a joué beaucoup mais cela n’explique pas tout. La sensibilisation, l’information et la formation sur l’importance des élections comme moment privilégié pour exercer son rôle de citoyenne et citoyen, ne devrait pas être limité aux seules périodes électo­rales mais, au contraire, faire partie intégrante des interventions gouvernementales tout au long de l’année. De plus, la façon de faire de la politique au Québec doit être remise en question. Les partis eux-mêmes doivent se questionner et proposer des pistes d’essai pour « rafraîchir » la façon d’intervenir politiquement.

Et si mon vote comptait ? ? ?

Au delà du faible taux de participation, il devient URGENT de modifier le mode de scrutin au Québec. Ce mode actuel favorise un vote « de moindre mal », un vote « stra­tégique » et un « vote utile ». En clair, les personnes votantes ne veulent pas « perdre » leur vote en appuyant un parti qui n’a aucune chance de faire élire un-e député-e. Nous devons récla­mer, à l’instar des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques ayant réuni plus de 1200 personnes en février dernier, un mode de scrutin dit proportionnel, c’est-à-dire, un mode de scrutin qui respecterait la volonté réelle des électeurs et électrices en envoyant à l’Assemblée nationale la même pro­portion de député-e-s que le vote obtenu lors d’élections. Par exemple, un parti ayant récolté 6 % des voix devrait obtenir 6 % des sièges à l’Assemblée nationale. Mais, si les mouvements sociaux (organismes communautaires, syndicats, etc.) ET les citoyens et citoyennes (c’est-à-dire, vous et nous) n’exerçons pas plus de pression, pas certain que nous obtiendrons une telle réforme, et ce, malgré l’appui des Libéraux sur cette question… Pour combler le déficit démocratique, impliquons-nous ! ! !

 

 

 

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