Un rapport de force qui dure

1 septembre 2005

Le Premier ministre Charest et les profs

Depuis quelque temps, dans les médias, nous assistons au rapport de force impliquant les professeurs et les employés de soutien des écoles dans le cadre de leurs revendications auprès du gouvernement provincial. Certains, me direz-vous, y ont assisté en direct depuis les bancs d’école, et il en est effectivement ainsi ! Des milliers de jeunes étudiants et étudiantes sont une fois de plus au cœur d’un débat qui fait toujours rage. Quant aux moyens de pression exercés par les syndicats et de leurs répercussions, d’aucun ne peut se soustraire à l’évaluation la plus objective possible de la situation.

Évidemment, d’où nous nous positionnons et selon notre groupe d’appartenance, il sera toujours plus aisé de faire ressortir certains éléments ou arguments plutôt que d’autres. Ainsi, ministres, syndicalistes, professeurs, jeunes étudiants et étudiantes, parents, ins­tances culturelles touchées par les moyens de pression, citoyens et citoyennes, tous auront leur mot à dire quant à cette problématique parce que tous sont affectés par celle-ci et que tous ont leurs opinions, leur vérité, leurs évidences, et parfois même, leur piste de solution. Une chose est sûre cependant : quand vient le temps de traiter un sujet comme celui-ci, une seule paire de lunettes, c’est-à-dire, celle de nos propres visions et valeurs, ne suffit pas à bien décortiquer objectivement de quoi il en retourne vraiment.

Y a pas de recette miracle

Pour ma part, je n’ai pas né­cessairement envie d’émettre mon point de vue. Il va de soi que le véritable conflit éthique réside une fois de plus dans la confrontation entre un droit légitime, celui de revendiquer, et les effets néfastes découlant des moyens de pression issus des revendications ressentis par diverses instances. Quoi penser de cette constatation ? Les moyens de pression en agacent certains de même en cas de grève, qu’elle soit effectuée par Vidéotron, des camionneurs, le milieu étudiant, ou en cas de boycott…

Partant du fait qu’il est inéluctable qu’une omelette ne peut être dégustée sans cassure d’œufs, un moyen de pression doit avoir, par conséquent, – et cela colle à sa définition même -, un impact non souhaité chez un ou plusieurs groupes d’individus. Notre système démocratique nous permet cette liberté d’expression et notre Charte des droits et libertés celui de se battre pour de satisfaisantes conditions de vie. Comme quoi notre médaille démocratique possède elle aussi deux faces.

Dans une conjoncture néo­libérale féroce à l’échelle planétaire, nous devons combattre ce discours qui prétend que nous sommes contraints de nous serrer la ceinture et d’ ac­cepter une stagnation -voire une dégradation – de nos conditions de travail ou de vie.

Gâteau ou miettes

Il est, selon moi, impératif de faire preuve de solidarité, et cela, dans un sens global et intégral. Le gâteau offert par le gouvernement me semble sec et avarié, et plusieurs groupes dans notre société réclament les plus grosses miettes. À mon avis, il serait malaisé d’être trop gourmand pour soi-même et de garder les armes basses lorsque vient le tour du voisin.

Qu’en est-il dans la situation qui nous préoccupe ? Sur quoi reposent les revendications syndicales ? Sont-elles récur­rentes de même que les moyens de pression ? Ce n’est pas la première fois que des moyens de pression utilisés par des syndicats de professeurs affec­tent les jeunes. Comme quoi le conflit ne date pas d’hier et que comme d’autres situations, il est souhaitable d’en venir à une entente. Parfois, notre nature humaine nous pousse à en réclamer un peu plus ou un peu trop. Soyons à la fois indulgents, vigilants et critiques envers nous-mêmes. C’est le devoir de tout citoyenne et citoyen.

Paix à toutes et à tous

 

 

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