Histoire des luttes ouvrières

9 avril 2005

Le 1er mai, Fête internationale des travailleurs et travailleu­ses, souligne le massacre de travailleurs à Chicago en lutte pour l’obtention de la journée de travail de huit heures. Aboutisse­ment d’une longue période d’organisation au sein du mouve­ment ouvrier américain, le ter mai 1886 représente la date à laquelle les huit heures devaient entrer en application. Sur près de 190 000 personnes qui firent la grève à travers le pays, 80 000 étaient de Chicago. Pour le patronat et les gouvernements, c’était dans cette ville que le mouvement était le plus fort, par conséquent, c’était donc là qu’il fallait frapper.

Au matin du 3 mai 1886 à Chicago, Garde nationale, constables spéciaux et agents de Pinkerton s’allient à la stratégie patronale et policière. Vers trois heures de l’après-midi, alors que 7000 ouvriers et ouvrières manifestent devant l’usine de McCormick, les patrons en profitent pour faire sortir les scabs sous leur nez. Ouvriers et ouvrières lancent des pierres et s’emparent d’un scab. La police surgit en formation serrée, les armes à la main et ouvre le feu à bout portant : six ouvriers sont tués et une cinquantaine sont blessés.

Novembre 1887 : Vendredi noir

Le lendemain, une manifestation répond à cette agression soigneusement planifiée. Malheureusement, le dépôt d’une bombe lancée par un provocateur parmi les policiers fait une victime et plusieurs blessés, entraînant par la suite une vague de répression contre le mouvement ouvrier organisé. Huit hommes furent finalement accusés de meurtre. Aucune preuve tangible les liait à l’attentat meurtrier mais cela n’empêchera pas le Tribunal de les reconnaître coupables. Après plusieurs procédures, quatre d’entre eux furent pendus le vendredi 11 novembre 1887. Depuis, cette journée est surnommée le« vendredi noir » du mouvement ouvrier américain. C’est également le jour choisi par le congrès de 1889 de la Deuxième Internationale, organisation regroupant les militants et militantes socialistes, pour rappeler le sacrifice des travailleurs de Chicago, massacrés en 1886 à l’occasion de la lutte en faveur de la journée de travail de huit heures.

Luttes québécoises et canadiennes

Au XXe siècle, le Québec a eu sa part de luttes syndicales : grève de l’amiante à Asbestos en 1949, grève des téléphonistes de Bell en 1999 et grève des infirmiers et infirmières en,1999. Du côté canadien, avec le temps, des gains furent obtenus : la première loi sur le salaire minimum en 1919, la loi sur l’assurance-chômage en 1940 et la loi accordant le droit à une semaine de vacances annuelles payées en 1946. Plus récemment, des actions unitaires telles la mise en place d’un Collectif pour l’élimination de la pauvreté et la formation du Réseau vigilance dès l’automne 2003, ont relancé la mobilisation générale au Québec. La situation demeure préoccupante par le maintien au pouvoir de gouverne­ments néolibéraux et par l’expansion de la mondialisation des marchés qui atteint maintenant des pays asiatiques comme la Chine. Ce pays a déjà commencé à ébranler nos entreprises avec son immense bassin de main-d’œuvre à bon marché.

 

 

 

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