Voilà que se pointe à nouveau le 1er mai, fête internationale des travailleurs et travailleuses. Mais avons-nous encore vraiment besoin de souligner cette fête dont ce sera le centenaire cette année ?
Depuis déjà 100 ans, le premier mai demeure une occasion de faire le point, entre nous, sur l’état de nos forces, de nos gains et de nos rêves. Mais par les temps qui courent, nous entendons surtout parler d’entrepreneurship, d’investissement, de la hausse des profits et de la productivité, de reprise économique… Bien sûr, ce langage sort principalement de la bouche de nos « chers » ( $) dirigeants d’entreprises et de gouvernements.
Mais allez donc parler de cela aux gens sur le salaire minimum à 4,00 $ de l’heure et ce, depuis bientôt cinq ans. Allez donc parler de cela aux jeunes sur le B.S. à 162,00 $ par mois. Allez donc parler de cela aux pré-retraité-e-s coupé-e-s par l’assurance-chômage. Allez donc parler de cela aux gens mis à pied un peu partout, ou aux 14 000 chômeurs et chômeuses de l’Estrie.
Mais, profitant honteusement de notre insécurité causée par une situation économique instable et un avenir incertain, ces mêmes dirigeants renchérissent en nous parlant de privatiser l’assurance-chômage et le système de santé, de désindexer les allocations familiales et les pensions, d’augmenter les impôts et de couper les services, etc…
Tout cela se fait au nom de la lutte aux déficits, du réalisme économique. de la remise en question de l’État Providence et de la fin des années de vaches grasses ! Pourtant, les années de vaches grasses semblent se continuer pour l’entreprise privée. Vous savez des cadeaux comme ce 400 millions $ donné à Hyundai par le gouvernement provincial alors que cette compagnie n’avait rien demandé !!! Ou encore ces 36 milliards de dollars en déductions fiscales, c’est-à-dire l’équivalent du déficit fédéral actuel !!! L’État Providence, pour ne pas dire la Providence de l’État se porte très bien merci. Enfin, ça dépend pour qui…
Après cela, ils voudraient nous rendre responsables de la crise économique. Serrez-vous la ceinture disent-ils. Soyez raisonnables et réalistes, clament-ils. Si vous en demandez trop on va faire des mises à pied, déménager, fermer… Voilà le discours quotidien utilisé pour nous rendre responsables. Et jusqu’à un certain point cela fonctionne puisque nous nous sentons coupables d’essayer de garder le peu que nous avons obtenu de haute lutte : assurance-chômage, service hospitalier adéquat, éducation accessible, indexation. etc… On nous rend coupable d’avoir amélioré nos conditions de vie et de travail, comme si cela était un cadeau qu’ils nous avaient fait… Allons donc !!!
Beaucoup d’améliorations restent à taire : salaire adéquat, vacances suffisantes, temps de travail réduit, protection accrue en cas de fermeture, etc.
Ici, dans la région, les gens de Jack Sprats, de Robert et Robert ou de l’ETMW nous rappellent la nécessité vitale de s’organiser et de réagir avant d’en arriver au dernier trou de la ceinture; si on a encore les moyens de s’en payer une !
Avec le printemps, fondra nos peurs et nos craintes et fleurira notre désir de mieux vivre.
Bon 1er mai, bonne fête à tous et toutes.



