La Wal-Mardisation ou le colonialisme économique

1 décembre 2004
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Alors qu’à Sherbrooke, la ville se propose de plus en plus comme un paradis pour les magasins à grande surface, aux États-Unis les communautés s’organisent de plus en plus contre l’implantation de ces géants de la vente.

Le phénomène est loin d’être marginal puisqu’aujourd’hui, des rapports font état de contestation pour le tiers des Wal-Mart projetés au pays de l’Oncle Sam. Plus de 250 communautés, à travers l’Amérique, ont réussi ces dernières années à bloquer l’implantation de ces méga magasins dans leurs villes respectives. Le leader militant Al Norman affirmait : « Le secret d’une bonne lutte, c’est la mobilisation citoyenne. » Son site internet donne plusieurs conseils sur la manière de lutter de façon légale sur la prolifération de ces géants du commerce. Comme il l’explique, c’est souvent sur la question du changement de zonage qu’il y a moyen d’agir au niveau local. Tous ces opposants aux grandes surfaces, revendiquent une protection de l’économie locale, des artères commerciales et un développement urbain qui respecte l’environnement.

De l’esclavagisme comme travail

Plus est, on ne parle jamais assez des nombreux produits qui occupent les tablettes des Wal-Mart et compagnies. Leurs prix, incroyablement bas, qu’aucun magasin local ne peut rivaliser, souvent qu’autrement rendus possible que grâce aux sweat-shops. Ces fameuses usines de misère, situées dans les pays du tiers-monde, emploient à majorité des enfants, à des salaires de crève-faim et que notre simple geste de personne consommatrice encourage, faute de questionnement. Pour un aperçu complet de cette forme d’esclavagisme au service de la mondialisation marchande, il faut lire No logo de la militante Noami Klein.

Alors qu’ici on invite les commerçants des centres-villes à ouvrir le dimanche, ailleurs, en octobre dernier, la Nouvelle-Écosse a refusé par référendum l’ouverture des Wal-Mart et compagnies le dimanche. La province a préféré préserver la qualité de vie familiale et sociale des personnes employées et des propriétaires de commerces implantés depuis longtemps.

Force est de reconnaître que l’ouverture des commerces les dimanches, les jours fériés et les soirs de la semaine jusqu’à 21 heures a contribué à la dégradation des conditions de travail des employées, à l’accroissement des ventes de produits venus de pays à faible coût de main-d’œuvre et à l’affaissement des industries manufacturières locales. C’est un portrait peu reluisant et qui ira en s’accentuant si des initiatives soucieuses du bien-être des communautés, ne sont pas prises rapidement.

 

 

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