Ouf ! Encore du cœur chez des dentistes
Après avoir effectué une petite recherche au centre-ville de Sherbrooke, j’ai trouvé un bureau de dentistes qui acceptait de me servir. J’ai profité de cette recherche pour recueillir des informations qui me semblaient intéressantes.
Comme plusieurs dentistes refusent maintenant d’utiliser l’amalgame gris (plombage gris), on pourrait croire que ce dernier est encore nocif. Maintes dentistes n’utilisent dorénavant que l’alliage blanc. C’est du moins ce que mon ancien dentiste me faisait entendre pour justifier le fait d’éliminer de sa pratique l’alliage gris ; il déclarait prendre soin de la santé de sa clientèle. Il éliminait de cette façon les gens dont les soins dentaires sont couverts par le gouvernement.
Une clientèle couleur de rentabilité
Ores, mon nouveau dentiste m’a confirmé que cette clientèle est non seulement peu rentable mais pas rentable du tout. On sait que, dans bien des domaines, le gouvernement provincial paie ce genre de services et les matériaux nécessaires en diminuant leur valeur. Ces domaines se rapportent bien souvent à la santé, comme la physiothérapie, entre autres. Il m’a également expliqué que l’ancien plombage s’avérait très peu dangereux pour les personnes. En fait, le danger était plus grand pour la personne (dentiste ou assistant-e) qui manipulait les ingrédients lors de la préparation de l’alliage contenant du mercure. Aujourd’hui, l’alliage gris est préparé d’avance par le fabriquant et ne représente plus ce danger. Quant à la résistance du produit, l’amalgame gris peut parfois être plus adéquat que le blanc dans certaines réparations.
Sur la question de rentabilité, nous comprenons qu’un bureau de dentistes ne peut demeurer en affaires avec seulement la clientèle non-rentable. Pour survivre, il doit, entre autres, s’assurer d’une clientèle rentable, augmenter les prix et/ou éliminer la clientèle non-rentable. Les pratiques varient d’un cabinet à l’autre. Il est aussi conseillé de bien vous informer lors du nettoyage annuel. En quoi consiste-t-il et quel est son prix ? Détartrage complet ou partiel ? Lorsque les frais sont couverts par le gouvernement, renseignez-vous auprès de votre agent ou agente d’aide sociale pour éviter les surprises. Par exemple, au bout de quatre ans, mon ancien dentiste m’annonçait que les catégories de soins couverts avaient changé et que le détartrage complet n’avait pas été fait depuis toutes ces années. Une anesthésie était donc nécessaire et le tout coûtait 200 non-couverts., -cauchemar…
Les dentistes, entre autres professionnel-les, ont réclamé l’ajustement adéquat des remboursements. On sait que l’amalgame blanc est dispendieux et que ce n’est pas tout le monde qui peut se le payer, ni même payer l’excédent que le gouvernement ne paie pas.
Une carie de plus, une carie de moins…
Des pétitions ont circulé dans les cabinets dentaires afin d’obtenir l’indexation et une juste évaluation des services couverts. Après des ajustements insuffisants, des dentistes ont développé certaines tactiques de discrimination lors du choix de la clientèle. Alors, quand leur association constatera une diminution de leur clientèle, peut-être cherchera-t-elle à se joindre à d’autres mouvements pour trouver des points communs de revendication et d’union. En effet, une diminution d’achalandage est à prévoir car même la classe moyenne s’essouffle dans la course à l’augmentation constante des dépenses en général.
En attendant, il reste encore des dentistes qui respectent l’accessibilité à leurs services. Tout n’est pas perdu. Du cœur, il en reste. Sur six cabinets du centre-ville que j’ai contactés le printemps dernier, deux acceptaient encore d’utiliser l’alliage gris.



