Amortisseur de chute au centre-ville
Il est parfois difficile de se frayer un chemin parmi les obstacles de la vie. Que la problématique soit reliée à la drogue, la famille ou la délinquance, la rue devient trop souvent un lieu de refuge pour ces gens désespérés.
Depuis environ six mois, les jeunes menacés par une itinérance imminente peuvent résider dans l’un des 23 logements édifiés aux 113 et 95 Wellington Sud récemment incendiés. Pour être admissibles, les candidats doivent préalablement définir un objectif qu’ils viseront à atteindre selon une période variant de trois mois à trois ans, établie en fonction des besoins de chacun par la durée du bail.
De plus, les locataires potentiels devront répondre à des critères inscrits dans le « code de vie » défini par les responsables du Tremplin. Monsieur Mansour Danis, chargé du volet logement au centre, affirme que « l’âge (16-30 ans) doit être respecté. Il y a ensuite le revenu : le candidat doit être capable de payer son loyer, mais ne doit pas, par exemple, faire 30 000 $ par année ».
Il y a également les cinq critères d’admission et de sélection : être en situation ou à risque d’itinérante, avoir un besoin de soutien et savoir quel genre de soutien serait efficace pour l’amélioration de sa situation, avoir une autonomie fonctionnelle minimale, une aptitude à la vie communautaire et la volonté de « faire quelque chose ».
Code de vie
M. Danis soutient que la dynamique de groupe doit être prise en considération lors de la rencontre du candidat. Plus la problématique de l’individu est lourde, plus il sera important qu’il ait un suivi externe en plus d’un suivi avec les responsables du Tremplin. Si un jeune enfreint les règles du « code de vie », un processus comprenant différentes étapes est mis en place, dont la première est une rencontre avec un coordonnateur du centre. Pour le volet résidentiel, le comité des résidants se rassemble en vue de traiter les manquements comportementaux. Si le problème persiste, le locataire devra rencontrer un membre du conseil d’administration et pourrait éventuellement être expulsé.
Une vision d’ensemble
Outre le volet résidentiel exclusivement réservé aux locataires du Tremplin, un volet « milieu de vie » permettra à des jeunes non-résidants en difficulté de s’intégrer à la vie communautaire du centre, Un petit café, des ateliers de création, une salle d’exposition d’œuvres réalisées par les résidants et non-résidants ainsi qu’une scène de production (musicale ou autre) seront instaurés au rez-de-chaussée des deux bâtiments connexes. Le Tremplin 16-30 (incluant les deux volets) devrait être officiellement inauguré vers la mi-août 2003.
Fiers partenaires
Plusieurs organismes et établissements ont contribué au développement du projet dont le CLSC de Sherbrooke, la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, le Centre Jean-Patrice Chiasson/Maison St-Georges (toxicomanie, santé mentale), la Commission Scolaire de la région de Sherbrooke, le Centre Jeunesse de !’Estrie et l’Office municipal d’habitation du Québec.
Le Tremplin n ‘aurait pas pu absorber les coûts sans la collaboration financière du gouvernement du Québec, qui a investi 550 000 $ par le biais de la Société d’ Habitation du Québec et du Programme Accès Logis. De son côté, la Ville de Sherbrooke a fourni la somme de 255 000 $ et le gouvernement fédéral, un montant approximatif de 920 000 $ par l’entremise du programme Initiative de partenariats en action communautaire (IPAC). Bien que les tendances soient favorables au renouvellement de ces subventions, rien n’a encore été signé.
Malgré tout, la directrice du centre, Mme Gaétane Lacerte, demeure très optimiste : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour garder ce centre en vie. Il n’est pas question de fermer nos portes à ces jeunes en difficulté. »
Cri du cœur…
Le projet Tremplin est une initiative qui, malheureusement, ne permettra de combler que les besoins de quelques jeunes en difficulté. Mansour Danis soutient qu’il y a un besoin criant pour que jeunes et moins jeunes puissent bénéficier d’un soutien adéquat. Il n’y a que trop peu de centres pour les malades mentaux, les itinérants, etc. Mais de tels projets nécessitent un appui gouvernemental et avec l’élection du Parti libéral… rien ne s’annonce pour le mieux, car même si nous sommes en saison chaude, le gel des ministères fera l’effet d’une douche froide dans bien des projets qui risquent d’être freinés !
Pour plus d’ information sur le Tremplin 16-30, vous pouvez contacter les responsables au (819) 565-4141.




