Les femmes et le travail dans ce monde de cynisme

1 février 2003

CHÔMAGE

Dans notre société, un travail stable et un salaire con­venable sont de loin la source de sécurité du revenu. La majorité des gens veulent travailler et apporter une contri­bution productive à la société. Les gens veulent un emploi pour éviter un sentiment de plus en plus fort d’insécurité et d’effondrement social. Mais la relance du plein emploi ne sera toutefois pas facile.

Les femmes et la couverture par l’assurance-chômage

Aujourd’hui, une personne sur quatre traverse au moins une période de chômage chaque année et pour les femmes c’est pire (une sur cinq). Les statistiques montrent que les femmes sont plus pauvres que les hommes, ici, au Canada comme dans tous les pays du monde. Seulement 20 % des femmes ont un emploi à temps plein, qu’elles occupent de janvier à décembre, comparativement à 40 % chez les hommes. Aussi, comparativement à leurs homologues masculins, les femmes sont six fois plus souvent appelées à quitter leur emploi pour assumer des obligations per­sonnelles ou familiales. Si on se réfère aux analyses sur la couverture des femmes par l’assurance-chômage, il y a actuellement 11 % moins de femmes que d’hommes qui reçoivent des prestations d’assurance-chômage.

En grande majorité, ce sont elles qui occupent les emplois à temps partiel, temporaires ou sur appel. Ce sont aussi elles qui, majoritairement, se retrouvent seules chef de famille. Ce sont encore elles qui, plus souvent qu’autrement, prêtent visage à la pauvreté.

Les conditions d’admissibilité applicables aux person­nes qui deviennent ou redeviennent membres de la popu­lation active affectent les femmes beaucoup plus que les hommes. Ceci aggrave ainsi des conditions déjà discrimi­natoires. L’écart entre la couverture des hommes et des femmes a été amplifié par les modifications apportées à la Loi sur l’assurance-emploi en 1997.

Les femmes et l’égalité économique

On sent de plus en plus qu’il est urgent de faire un effort concerté pour défendre les travailleuses et intégrer leurs préoccupations dans nos revendications. On doit mettre au premier plan celles de l’égalité économique et de la nécessité que toutes les femmes aient un revenu décent. Nous pourrions unir nos forces pour obliger les gou­vernements à changer de façon significative leurs politi­ques à l’égard des femmes. On sait que nous ne pouvons pas changer les attitudes facilement, mais des améliora­tions sont possibles. Un exemple récent en Estrie est la victoire du Comité des mères brimées de leurs congés de maternité et parental. Cette bataille contre une faille dans la Loi d’assurance-chômage menée par le Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l’Estrie a porté fruit. Soli­dairement, faisons en sorte que les choses fassent plus que bouger, qu’elles changent !

 

 

 

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