Poésie pour la paix

13 juin 1986

Dans le cadre des années inter­nationales de la jeunesse (1985) et de la paix (1986), un concours provincial de poésie a été organisé par le groupe Drapeau Blanc. Ce concours avait pour but de faire enten­dre la voix des jeunes sur les questions de la guerre et de la paix. Un de nos collaborateurs s’est mérité le troisième prix de la catégorie 21-25 ans avec le texte que nous reproduisons ici.

Mes amis

Ce sont des gens qui s’aiment, ils ont le droit.

Ils parlent d’arbres et d’enfants, de s’asseoir des années à regarder le temps, ils ont le droit et parfois je crois que je les dérange, quand je tue ce que je mange.

Ils sont enceintes, ils rêvent. Ils disent qu’il n’y aura pas de guerre, que les gens devraient s’aimer entre eux.

Moi j’arrive fatigué d’avoir travaillé, je n’ai plus d’amour en moi. Moi je m’impatiente et quelquefois je parle violent.

Ils demandent le calme, ils ne peuvent pas désamorcer les bombes, mais ils me demandent de les laisser vivre. Ils regardent son ventre gonfler, ils parlent de jardin, d’avoir la paix.

Et quand je parle devant eux, je m’entends comme si j’étais une bombe. Je sais qu’elles abondent mais je crois, je crois que je suis le seul qui apporte la guerre dans leur maison.

Je m’en excuse.

J’aimerais aussi que le monde s’arrête pour mes amis, et leur petit. J’aimerais ne pas avoir eu raison d’être malade, ils ont le droit de prétendre que je devrais vouloir vivre.

Ils sont heureux et ils ont le droit de ne pas mourir à la guerre.

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