Première perte de l’histoire de McDo

1 janvier 2003

Le numéro un mondial de la restauration rapide, McDonald’s, a une nouvelle fois laissé ses actionnaires sur leur faim en les prévenant hier qu’il devrait afficher la première perte de son histoire au quatrième trimestre et que le temps des vaches maigres n’est peut-être pas révolu. McDo a révélé hier qu’il devrait enregistrer une perte nette par action de 5 à 6 cents US au cours du dernier trimestre de 2002. Ce sera la première perte du groupe depuis l’ouverture du premier des 30 000 restaurants de la chaîne en 1955. Cette perte découle directement d’un plan de restructuration annoncé en novembre. Ce plan, qui va forcer McDo à faire provision de 435 millions US avant impôts pour le financer, prévoit la fermeture de quelque 175 restaurants et la disparition de 600 McJobs.

Source : La Presse, 18 décembre 2002

Voilà bien un genre de nouvelles auquel nous som­mes peu habitués. Mais au royaume des États-Unis d’Amérique, tout est possi­ble… même l’impossible. L’empire montre des signes de faiblesse. Sous des dehors impressionnants, pour ne pas dire provocateurs, il se gon­fle d’aise rassuré qu’il est par une armée jugée comme la plus puissante au monde. Mais son économie connaît un tout autre régime : poussée à l’extrême par une libéralisation des marchés à l’échelle planétaire et en même temps assoiffée de profits incalculables tant les chiffres sont énormes, son état de santé sème l’inquiétude. Les faillites financières de ses plus grosses entrepri­ses, dont Enron et World Com, s’enfilent à la chaîne semant la consternation et la méfiance chez nombre d’in­vestisseurs. Des milliers de gens ont perdu emplois, fonds de pension et épargnes.

Tous ces gens doivent se serrer la ceinture. Tel un prédateur, l’empire s’ali­mente de pics en plus, pour ses ressources en énergie et ses biens de consommation, auprès de nombreux pays. Comment réagira-t-il lorsque la demande baissera de façon marquante et qu’il ne pourra plus engouffrer de façon aussi indécente tous ces milliers de billets verts amé­ricains ? Reviendra-t-il à un peu plus de modestie et de justice sociale ? Ce ne sont sûrement pas les baisses d’impôts (674 milliards sur 10 ans) annoncées par le président George W Bush qui vont véritablement aider tous ces gens, car avant tout, ces baisses profiteront aux com­pagnies ainsi qu’aux classes aisées. Aux États-Unis d’Amérique, le bœuf se con­somme désormais plus mai­gre…

 

 

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