Un appel à la solidarité internationale

1 avril 2002

Un rassemblement jeunesse pour le Chiapas

Le 9 avril dernier, le Cojité (Comité jeunesse internationale de l’Estrie) recevait à Sherbrooke la Commission civile internationale d’observation des droits humains. De retour d’une mission de 3 semaines au Mexique, les porte-parole ont dressé, à une foule nombreuse, un portrait de la situation actuelle au Chiapas. L’activité, qui a regroupé près d’une centaine de jeunes de la région, a soulevé bien des questions et un désir d’union à travers les différents groupes présents. Un bel appel à la solidarité internationale !

Au cours de sa mission, la Commission a effectué 28 entrevues avec des représen­tants gouvernementaux, par­couru 54 villages et commu­nautés indigènes dans la zone de conflit, rencontré près de 40 organisations civiles et visité 7 centres de détention. Les quelques 250 témoignages et dénonciations recueillis ont permis d’établir le bilan suivant.

Violation des droits humains

La misère séculaire dans la­quelle vivent les communautés indigènes, leur autonomie et leurs ressources naturelles con­trôlées, le tout orchestré par le manque de volonté du gouver­nement d’en arriver à une situation négociée dans le con­flit l’opposant à l’Armée zapa­tiste de libération nationale, génèrent un climat où il y a vio­lation systématique des droits humains. L’intense militarisa­tion de la zone et la présence de groupes paramilitaires préoc­cupent les communautés indi­gènes puisqu’ils empêchent la libre-circulation, entraînent le harcèlement des populations, la pollution délibérée des cours d’eau pour faire fuir les com­munautés et l’occupation illé­gale des terres agricoles.

Selon les témoignages recueil­lis par la Commission, il y aurait d’importantes carences au niveau de la conduite de la justice. ce. Plusieurs témoignages indiquent que le ministère de la justice est responsable du plus grand nombre de violations aux droits et libertés fonda­mentales : personnes incarcé­rées pour des délits d’opinion ou pour leur activité politique, fabrication de fausses accusa­tions, violation du droit à avoir un procès juste et équitable, etc. De plus, la Commission a pu constater que la torture demeure une pratique courante dans l’administration de la justice mexicaine.

Les quelques 250 témoignages et dénonciations recueillis par la Commission civile interna­tionale d’observation des droits humains serviront à une ana­lyse détaillée de la situation des droits humains au Chiapas. Les conclusions et recomman­dations seront présentées à chacune des 400 organisations qui l’ont appuyée dans sa mis­sion et à Bill Graham, ministre des Affaires étrangères au Canada. Le rapport sera égale­ment remis à plusieurs institu­tions, dont la Commission des droits humains de l’Organisa­tion des Nations unies (ONU).

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon