Un rassemblement jeunesse pour le Chiapas
Le 9 avril dernier, le Cojité (Comité jeunesse internationale de l’Estrie) recevait à Sherbrooke la Commission civile internationale d’observation des droits humains. De retour d’une mission de 3 semaines au Mexique, les porte-parole ont dressé, à une foule nombreuse, un portrait de la situation actuelle au Chiapas. L’activité, qui a regroupé près d’une centaine de jeunes de la région, a soulevé bien des questions et un désir d’union à travers les différents groupes présents. Un bel appel à la solidarité internationale !
Au cours de sa mission, la Commission a effectué 28 entrevues avec des représentants gouvernementaux, parcouru 54 villages et communautés indigènes dans la zone de conflit, rencontré près de 40 organisations civiles et visité 7 centres de détention. Les quelques 250 témoignages et dénonciations recueillis ont permis d’établir le bilan suivant.
Violation des droits humains
La misère séculaire dans laquelle vivent les communautés indigènes, leur autonomie et leurs ressources naturelles contrôlées, le tout orchestré par le manque de volonté du gouvernement d’en arriver à une situation négociée dans le conflit l’opposant à l’Armée zapatiste de libération nationale, génèrent un climat où il y a violation systématique des droits humains. L’intense militarisation de la zone et la présence de groupes paramilitaires préoccupent les communautés indigènes puisqu’ils empêchent la libre-circulation, entraînent le harcèlement des populations, la pollution délibérée des cours d’eau pour faire fuir les communautés et l’occupation illégale des terres agricoles.
Selon les témoignages recueillis par la Commission, il y aurait d’importantes carences au niveau de la conduite de la justice. ce. Plusieurs témoignages indiquent que le ministère de la justice est responsable du plus grand nombre de violations aux droits et libertés fondamentales : personnes incarcérées pour des délits d’opinion ou pour leur activité politique, fabrication de fausses accusations, violation du droit à avoir un procès juste et équitable, etc. De plus, la Commission a pu constater que la torture demeure une pratique courante dans l’administration de la justice mexicaine.
Les quelques 250 témoignages et dénonciations recueillis par la Commission civile internationale d’observation des droits humains serviront à une analyse détaillée de la situation des droits humains au Chiapas. Les conclusions et recommandations seront présentées à chacune des 400 organisations qui l’ont appuyée dans sa mission et à Bill Graham, ministre des Affaires étrangères au Canada. Le rapport sera également remis à plusieurs institutions, dont la Commission des droits humains de l’Organisation des Nations unies (ONU).




