« Mode » d’autofinancement à la Faculté d’administration
Question de diversifier la provenance de mes informations, j’ai jeté un coup d’œil au journal étudiant de l’Université de Sherbrooke, soit Le Collectif du 29 novembre dernier; En page quatre, j’ai été frappée par la photographie d’une femme presque demi-nue ou semi-vêtue. J’ai voulu savoir de quoi il s’agissait. J’ai donc lu l’article s’y rapportant. C’était l’une des photographies du calendrier mis en vente comme l’un des moyens de financement du bal des finissantes et finissants de la faculté d’administration.
Il fallait y penser tout de même ! Financer un bal universitaire en exploitant, entre autres, le sexe, et ce, au Québec, en 2004 ! Quel progrès ! Pourtant, on dit que l’instruction favorise l’évolution. Selon Dominic Bachand, président du comité de financement du bal, il a été facile de faire adopter le style du calendrier. Ceci répondait à ma question concernant la possibilité qu’il y ait eu de l’opposition au projet. Il a même ajouté qu’aucun commentaire négatif ne leur était parvenu. Des hommes ont aussi offert leurs corps pour les besoins de la cause. Croit-on ainsi contribuer à l’égalité des sexes ? L’égalité dans la valorisation qui dévalorise, je crois qu’on fait fausse route.
Où sont les femmes
Mais où sont passées les femmes à part celles qui sont comprises dans cet extrait de l’article paru dans Le Collectif « des mannequins qui sont étudiants… transformés en de véritables professionnels pour l’occasion ». Cette attitude de nos universitaires laisse présager du genre d’administrateurs qui seront en poste dans un futur proche. Je ne prends pas la peine de féminiser le terme « administrateurs » puisqu’il ne semble pas inclure les femmes. En effet, mis à part le premier paragraphe de l’article dont l’auteur est Abdel Karim, on semble ne traiter que de la gente masculine.
Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’économie régionale, nous pouvons juger de la portée des décisions prises par nos futurs gestionnaires. En effet, le choix du lieu où se dérouleront les festivités s’est arrêté sur le Mont Sainte-Anne, renseignement fourni par le président du comité. Dit simplement : le budget du bal sera dépensé en dehors de la région de l’Estrie.
A mon avis, quatre aspects ressortent par le biais de cet article paru dans Le Collectif du 29 novembre 2004. D’abord, la photographie démontre la place qu’occuperait l’exploitation du sexe à l’Université de Sherbrooke pour faire de l’argent. Deuxième point, le journal étudiant semble complice en appuyant ce genre de promotion sous le couvert d’un article de style compte-rendu. Troisième point, je n’y ai retracé que des noms d’hommes. De plus, comme je l’ai mentionné plus haut, le manque de féminisation des ternies accentue l’absence des femmes. En fin de compte, heureusement qu’on a vu la photographie de cette femme ! Le quatrième point a trait à la portée économique ou plutôt, la non-retombée économique pour la région de l’Estrie.



