Revenus des bas salariés

Le nouveau taux du salaire minimum qui devrait entrer en vigueur le 1er mai* sera de 8,00 $/heure pour le taux général et de 7,25 $/heure pour les personnes salariées recevant un pourboire. Aucune annonce n’a été faite concernant les personnes travaillant dans le secteur de l’industrie du vêtement qui sont régis par la Loi sur les normes du travail.

Une personne qui travaille 40 heures pas semaine au salaire minimum recevra un salaire hebdomadaire de 320 $ et un salaire annuel de 16 640 5. L’écart se situe à 22 % entre le revenu annuel pour cette per­sonne (16 640 5) et le seuil de faible revenu avant impôt, éta­bli par Statistique Canada pour une personne seule (20 778 5).

Les revenus d’emploi des tra­vailleuses et des travailleurs bas salariés sont nettement insuffi­sants pour vivre décemment et ne permettent pas de rétablir le pouvoir d’achat (qui ne cesse de diminuer depuis plus de 30 ans), d’absorber les coûts de l’infla­tion, de sortir de la pauvreté et de l’endettement.

Devant… la pauvreté

Au même titre que nous reje­tons le travail des enfants pour des raisons d’ordre moral, nous déplorons que dans une so­ciété nantie comme la nôtre, des personnes travaillant dur doivent vivre dans la pauvreté la plus abjecte.

Au cours des derniers mois, plusieurs rapports accablants, que ce soit le rapport Bernier (Québec), le rapport Arthur (Canada) ou le rapport du Comité des droits sociaux, économiques et culturels de l’ONU, tous ont dénoncé la faiblesse du taux actuel du sa­laire minimum et incité les gouvernements à apporter des correctifs. Est-il besoin de rap­peler que le Québec s’est doté d’une loi pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale en 2003 ?

Au Québec, le taux du salaire minimum est établi par un rè­glement de la Loi sur les nor­mes du travail. Nous voulons que le gouvernement donne le coup de barre qui s’impose.

Les effets positifs d’une aug­mentation substantielle du salaire minimum dépassent l’amélioration des conditions de travail et de vie des 148 000 travailleuses et travailleurs au salaire minimum. Cette augmentation améliore aussi la condition des personnes qui gagnent un salaire plus élevé que le salaire minimum, mais qui sont tout de même pauvres. Environ 30 % des personnes qui gagnent le salaire minimum sont le soutien principal de leur famille et 30 % des personnes qui travaillent à temps plein pour un salaire horaire de moins de 10 $ font partie des ménages pauvres.

Le patronat et le gouvernement nous rabattent les oreilles avec un discours qui glorifie les mérites des bas salaires pour contrer la concurrence et la com­pétitivité. Pourtant, l’Ontario, la province voisine qui sert sou­vent de référence, vient d’an­noncer que le taux du salaire minimum sera graduellement haussé pour atteindre le taux horaire de 10,25 $ en 2010. Il est temps pour le Québec d’agir d’une manière respon­sable et d’investir dans le capital humain.

Nous revendiquons

Devant la progression du phé­nomène des travailleuses et des travailleurs pauvres, Illusion-Emploi dénonce les faibles sa­laires et revendique :

  • une hausse du salaire minimum au niveau du seuil de pauvreté établi par Statistique Canada ;
  • un mécanisme d’indexation annuelle automatique tenant compte de l’indexation ;
  • l’abolition des exclusions con­tenues dans la Loi sur les nor­mes du travail et l’obligation de verser le salaire minimum à toutes catégories de travailleurs et travailleuses ;
  • l’abolition des suppléments de revenus (ex. prime au tra­vail) qui ne sont pas du salaire et ne donnent aucun des avan­tages du salaire.

*Au moment d’aller sous presse, aucun budget n’avait été adopté.

 

 

 

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