Guerre : Télévision et désinformation

1 avril 2003

Dès leur début, les bombardements anglo-américains en Irak ont monopolisé l’attention de la presse internationale. En effet, plus de 700 journalistes ont été déployés pour couvrir ce conflit armé. La télévision, en particulier, présente massivement pour la première fois la guerre en directe. De son côté, le Penta­gone a décidé d’incorporer des journalistes à ses troupes pour contrer les informations diffusées par la chaîne arabe Al Jazira. Washington craint que la chaîne du Qatar influence négativement l’opinion publique américaine sur les effets dévastateurs de cette guerre et sur les buts recherchés par le gouvernement Bush : destituer Saddam Hussein, libérer le peuple irakien, démocratiser le pays, contrôler le pétrole, etc. La propagande et la désinformation rôdent…

Guerre du Golfe / Prise 1

En 1990, la firme de relations publiques Hill and Knowlton, commanditée par le groupe Citizen for a Free Koweit, amis en scène, devant le Sénat américain, la fille de l’ambassadeur koweïtien qui affirmait avoir vu des soldats irakiens retirer des bébés de leurs incubateurs. Le très bon reportage de « Le mensonge de la guerre du Golfe » nous éclaire intelligemment sur cette question.

Guerre du Golfe / Prise 2

Dès les premières images diffusées par la plupart des grandes chaînes américaines, l’ unanimité faisait sienne : bombarde­ments incessants sur Bagdad, déplacements de véhicules militaires dans le désert et témoignages édulcorés de G.I. Dans le quotidien La Presse du 29 mars 2003, John R. McCarthur, éditeur du magazine américain Harper‘s nous explique : « Les patrons ont encouragé leurs journalistes à coopérer, dit-il. Tout le monde est plus ou moins pro-guerre pour des raisons patriotiques, mais aussi par cynisme, dans le but d’élargir son auditoire et de faire de l’argent. Les patrons de CNN, NBC, ABC, CBS et Fox auraient très bien pu se réunir et dire : nous refusons de jouer le jeu du Pentagone et de participer à la propagande américaine ».

Sur le terrain

Pour les journalistes couvrant ce conflit, qu’ils soient en poste au Qatar ou bien incorporés aux troupes, le sentiment de frustration ne cesse de croître. Devant le refus des militaires à leur fournir une information pertinente, plusieurs ont quitté.

En ne diffusant que information contrôlée par le Comman­dement central anglo-américain (Centcom), les chaînes de télévision nord-américaines sont à la solde du Pentagone. Nous dénonçons, au nom de la liberté de presse, cette vaste campagne de désinformation sur les raisons ayant entraîné cette attaque illégale en dehors des cadres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), sans respect des droits inter­nationaux. Les images montrant la « prise » des palais présidentiels à Bagdad ne doivent pas balayer de notre con­science le prix insoutenable de cette guerre en vies humaines, militaires et civiles. Décidément, l’impérialisme américain ne recule devant rien.

 

 

 

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