La fête du travail non valorisé

1 avril 2005

Vous sentez-vous inclus ?

À l’occasion de la Fête des travailleuses et travailleurs, je me rends compte que je ne me sens pas incluse parmi les personnes fêtées. D’autres personnes ont-elles cette même pensée ? II me semble que le mot « travail » réfère plus particulièrement au travail rémunéré. Je profite donc de la présente parution pour souligner le travail, non valorisé en général, assumé en grande partie par les femmes. Oui, on parle de plus en plus des responsabilités parentales des mères et des travaux ménagers des « femmes au foyer ». Par contre, je sais que des hommes se retrouvent dans ces mêmes situations et les assument seuls. De plus, on entend parler des personnes aidantes. Toutes ces personnes ont un même point en commun : elles ne sont pas rémunérés pour ces types de travail.

J’ignore si le terme « travaux ménagers » comprend tout ce qui est nécessaire au maintien d’un foyer logeant un ou des enfants. Le travail engendré s’étend au magasinage (ha­billement, épicerie, achat de fournitures scolaires, etc.), aux nécessités en santé et autres (dentiste, médecin, école, garderie, loisirs des enfants…), au fameux budget (comptes, assurances, etc.) et tous les imprévus tellement sou­dains. Naturellement, il est préférable d’en tirer le meilleur profit par téléphone, par catalo­gues, en auto ou à pied, seul ou avec le ou les enfants. Bien sûr, il n’est pas question de couper trop court et d’écono­miser sur la qualité. Car un bon mode de vie comporte la conscience écologique, l’alimenta­tion biologique, sans OGM, et, évidem­ment, le commerce équitable.

Un bon mode de vie

Ah ! J’oubliais, toute cette paperasse, gouvernementale ou autres, qu’il faut lire, com­prendre et à laquelle il faut se conformer. Car aujourd’hui, plus qu’hier, nous n’avons pas de raisons de ne pas être assez instruits pour comprendre ces langages et y répondre dans les délais requis. Voyons, ne pas comprendre et connaître les raisons pour lesquelles il faut tant améliorer nos conditions de vie ! Cette vie que nous semblons avoir empruntée et devoir au pouvoir de la haute finance pour nos ressources matérielles et monétaires dont nous avons tant besoin. Par conséquent, nous vivons des situations précaires qui s’am­plifient constamment, même à Sherbrooke, ville tant prometteuse car en effet, nous avons supposément accès à un si grand soutien municipal pour jouir d’un bon mode de vie !

Tout ce travail accompli, quelles que soient nos capaci­tés physiques et financières, entraîne de nombreux dépla­cements. Bien sûr, je sais que plusieurs femmes travaillent en plus à « l’extérieur ». Vous savez cet autre travail pour améliorer ses conditions de vie !

Être évaluée, être rémunérée…

Un travail rémunéré, celui-là. Évalué à combien ou payé combien ? Je sais que la parité salariale n’est pas acquise dans tous les cas ; que l’on peut également prendre des cours pour compenser des lacunes avant de chercher un emploi ; qu’on peut suivre des formations pendant que l’on dé­tient un « travail à l’extérieur » ; que l’on peut carrément retour­ner aux études pour améliorer ses condi­tions ‘de vie… plus tard. Oui, je l’ai sur le cœur ! Je ne peux même pas me fêter en ce 1 mai. Je suis certaine que d’autres femmes qui travaillent à la maison et à un autre « travail à l’extérieur » ne peuvent se fêter en dépensant ne serait-ce qu’un peu. De toute façon, en ont-elles le temps ? Vivre est un travail et vivre dans des conditions précaires est un travail ardu. Vive et vite le revenu universel décent ! Nous pourrons nous souhaiter « Bonne fête » sans amertume pour quoi que ce soit !

 

 

 

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